Française de l'Energie - Au cœur de l'actualité

Pierre LAURENT, analyste chez Euroland Corporate
14 janvier 2026

La Française de l’Énergie (FDE) n’a pas connu un début d’hiver de tout repos. Le titre a oscillé dans une zone de 33–35 € fin décembre 2025, reflétant la nervosité d’un marché qui scrute chaque annonce réglementaire et chaque perspective de croissance opérationnelle. Une volatilité logique pour une société dont l’activité – la valorisation du gaz de mine et la production d’électricité bas carbone dans les Hauts-de-France – dépend étroitement des décisions de l’État et du rythme de développement de ses concessions.

Et justement, les dernières semaines ont été riches en actualités. Un revers juridique d’un côté, et un spectaculaire élargissement de périmètre de l’autre. 

Le coup de froid : le retrait de la concession Bleue Lorraine

À la mi-décembre, le Conseil d’État a annulé le décret attribuant à FDE la concession « Bleue Lorraine », octroyée en novembre 2023 pour l’exploitation de gaz dans le sous-sol mosellan. Le motif avancé par la plus haute juridiction administrative : une irrégularité juridique dans le processus d’attribution.

Cette annulation a immédiatement pesé sur le sentiment de marché. Les investisseurs y ont vu un risque accru sur la visibilité réglementaire et sur la capacité de la société à sécuriser des ressources à long terme, d’autant que la concession faisait partie des projets présentés comme structurants dans la stratégie de diversification.

Pour autant, FDE a rapidement tenu à rassurer : cette décision n’affecte ni les activités actuelles, centrées sur la valorisation du gaz de mine, ni les projets déjà en phase de développement, incluant les travaux liés à l’hydrogène naturel ou certains forages exploratoires en cours. Autrement dit, un revers important juridiquement, mais dont l’impact opérationnel immédiat reste limité.

Le coup d’accélérateur : 18 nouvelles concessions sécurisées

Puis, le 8 janvier 2026, renversement de décor. FDE annonce la signature d’une convention majeure avec l’État, donnant accès à 18 nouvelles concessions minières via sa filiale Gazonor. Cette extension est tout sauf anecdotique : elle élargit considérablement le terrain de jeu de la société dans les Hauts-de-France et offre une rampe de lancement pour une montée en puissance de la production d’électricité issue du gaz de mine.

L’accord présente trois implications essentielles. D’abord, il ouvre la voie à une augmentation significative des capacités installées d’ici 2030, alimentant les scénarios de croissance à long terme. Ensuite, la production issue de ces unités bénéficie de contrats d’achat d’électricité régulés, ce qui renforce la visibilité financière et sécurise les flux futurs – un élément crucial pour une valeur industrielle. Enfin, les premières installations concrètes sont déjà en place : une unité de 1,5 MW est opérationnelle à Angres, et d’autres mises en service suivront dès 2026, preuve du caractère immédiatement activable de cette convention.

Le marché a accueilli l’annonce comme un signal fort : malgré les turbulences réglementaires, FDE démontre sa capacité à élargir son empreinte industrielle et à sécuriser des actifs générateurs de revenus de long terme.


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