Après le constat dressé dans notre question Corporate de début février 2026 PME et IPO en France : l’impossible réconciliation ? sur la quasi-disparition des IPO de PME en 2025, les premiers chiffres de 2026 apportent un souffle d’optimisme mesuré.
Selon un article des Échos du 18 février 2026, les petites capitalisations européennes affichent un rebond et commencent à surperformer les grandes valeurs. Cette dynamique pourrait enfin ouvrir une fenêtre de tir pour les PME et ETI françaises cotées sur Euronext Growth.
Un retournement de tendance clair depuis janvier
L’indice MSCI Europe Small Cap progresse de 5 % depuis le début de l’année, contre 4 % pour l’indice plus large MSCI Europe. Sur l’ensemble de 2025, les small caps ont déjà fait mieux que les grandes entreprises, mettant fin à cinq années de sous-performance chronique.
Plusieurs facteurs expliquent ce redressement :
- un environnement macroéconomique redevenu favorable : croissance attendue à 1,2 % en zone euro, rebond allemand, baisses de taux de la BCE et plans d’investissement outre-Rhin profitent directement aux small caps, qui réalisent environ 60 % de leur chiffre d’affaires en Europe,
- une croissance des bénéfices nettement plus forte : le consensus prévoit +20 % de bénéfices par action pour les small caps en 2026, contre seulement +11 % pour les grandes capitalisations. C’est un écart significatif qui n’avait plus été observé depuis longtemps,
- des valorisations toujours attractives : les small caps s’échangent à 17 fois les bénéfices attendus, contre 18 fois pour les grandes. Elles restent donc décotées par rapport à leur moyenne historique, alors qu’elles devraient théoriquement valoir plus cher en raison de leur plus forte croissance potentielle.
La France et l’Allemagne à la traîne, mais pas hors course
Le CAC Small ne progresse que de 1 % depuis janvier 2026, nettement moins que l’indice européen. L’incertitude politique et la contribution exceptionnelle sur les bénéfices pèsent encore sur les entreprises les plus exposées au marché français. Même constat outre-Rhin, freiné par l’exposition à la Chine.
Pour autant, ce retard relatif ne doit pas masquer l’essentiel : le mouvement de fond est bien là. Les investisseurs institutionnels interrogés par Bank Of America sont désormais un sur trois à anticiper une surperformance des small caps sur les douze prochains mois, le plus haut niveau depuis octobre 2025.
Une opportunité pour les PME cotées
Pour les sociétés déjà cotées, notamment sur Euronext Growth, ce retour en grâce des small caps est une excellente nouvelle à double titre :
- il améliore la liquidité et la visibilité. Un marché plus porteur attire naturellement les analystes, les gérants et les investisseurs particuliers, ce qui facilite les augmentations de capital et les opérations de croissance externe,
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- il redonne de la crédibilité à la stratégie « cotation ». Après plusieurs années où la Bourse était perçue comme un chemin semé d’embûches et de déceptions, les performances récentes (progression moyenne de 165 % sur les 24 derniers mois pour les nouvelles entrantes) montrent que, pour les entreprises matures et bien préparées, la cote reste un accélérateur de valeur exceptionnel.
Préparer l’après
Après une année 2025 qui a agi comme un puissant filtre, ne laissant passer que les profils les plus solides, 2026 pourrait marquer le début d’un véritable rebond des IPO de qualité.
Les entrepreneurs qui hésitaient encore à franchir le pas ont désormais sous les yeux la démonstration que la Bourse, quand elle est bien préparée, peut redevenir un levier stratégique puissant.
La fenêtre semble être en train de s’ouvrir. Les sociétés qui investiront dès maintenant dans une communication financière rigoureuse, une gouvernance transparente et une stratégie claire à long terme seront les mieux placées pour profiter de ce retour de confiance.
EuroLand Corporate, premier Listing Sponsor du marché Euronext Growth Paris, accompagne plus de 60 sociétés cotées, dont 39 en qualité de Listing Sponsor, dans leur stratégie de structuration et d’optimisation de leur communication financière.