Le pulse de la semaine

Le bureau de recherche d'Euroland Corporate
20 février 2026

Le Pulse en un battement... 💢

📜 L'hypocrisie de l'indépendance des banques centrales

L’indépendance des banques centrales est un mythe. Les décisions, qu’elles soient en Europe ou aux États-Unis, sont souvent influencées par des considérations politiques, comme le montre l’interférence de Trump dans la Fed.

🛠️Eramet - Transition sous contraintes

Eramet annonce une perte nette de 477 M€, avec des problèmes internes. Cependant, une hausse des commandes et une progression du lithium en Argentine offrent de l'espoir pour l'avenir.

🚀 Défense - Figeac, Lisi, Exail en pleine ascension

Avec la guerre en Ukraine, ces entreprises profitent de la dynamique de réarmement en Europe. Figeac Aero, Lisi et Exail sont bien positionnées pour l’avenir, avec de solides résultats.

🤖Sommet mondiale de l'IA - L’Inde s’invite dans la bataille mondiale 

L’Inde se positionne comme un pôle mondial pour l’IA, avec un objectif de 200 milliards de dollars d’investissements dans les deux prochaines années.

📷Un invité surprise sur la piste olympique

Un chien-loup a interrompu la course lors des qualifications du sprint libre, attirant l'attention des spectateurs et des réseaux sociaux avec sa course surprise.

L'édito de Marc Fiorentino 📜

L'hypocrisie de l'indépendance des banques centrales

C'est le grand cheval de bataille : l'indépendance des banques centrales.
Une indépendance nécessaire pour garantir la crédibilité des pays et, de fait, la solidité de leurs dettes et de leurs devises.
Mais cette indépendance est un leurre.
Les banques centrales ne sont pas indépendantes.

Étonnant

Tout le monde a hurlé au scandale, à raison, quand Donald Trump s'est attaqué au patron de la Banque centrale américaine, Jay Powell.
Tout le monde hurle au scandale par avance avec la nomination d'un proche de Donald Trump en remplacement en mai.
Un proche qui sera "aux ordres" de Trump et qui fera donc ce que veut Trump : des baisses drastiques de taux d'intérêt.

Pourquoi ?

L'argument est connu.
Les banques centrales doivent mener leurs politiques monétaires sans être influencées par les politiques.
Il en va de la crédibilité de la signature américaine.
Il en va de la solidité du dollar.

Étonnant

De voir cependant que personne ne trouve anormal que dans le cas de la BCE, on avance la nomination du successeur de Christine Lagarde pour des raisons uniquement politiques.
Ou quand on demande au gouverneur de la Banque de France d'écourter son mandat pour les mêmes raisons.
Sous prétexte qu'il vaut mieux qu'Emmanuel Macron participe au choix d'un successeur plutôt que le prochain dirigeant du pays — un dirigeant qui, rappelons-le, sera élu démocratiquement.

Un déni de démocratie donc, et l'illustration de banques centrales aux ordres du pouvoir politique.

Preuve

S'il en fallait que les banques centrales ne sont pas indépendantes du pouvoir politique.
Et ne l'ont jamais été.
Quand la BCE a opté pour le quoi qu'il en coûte pour sauver la Grèce et la zone euro, c'était une décision autant politique que financière.
Quand la Fed décide de sauver Bear Stearns, Goldman ou Morgan Stanley mais de laisser couler Lehman, c'est une décision politique.

Quand la Banque centrale japonaise

Absorbe massivement la dette japonaise pour permettre les plans de relance gouvernementaux, c'est une décision politique.
Ne parlons même pas de la Banque centrale chinoise, qui n'est qu'une émanation du pouvoir et du Parti communiste.

Bref

Arrêtons de faire semblant.
Et évitons le deux poids, deux mesures, en accablant les États-Unis mais en acceptant la "combinazione" en Europe.
Les banques centrales ne sont pas indépendantes, elles ne l'ont jamais été.
Et ce n'est pas un problème.

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Eramet - Transition sous contraintes 🛠️

Eramet décroche de plus de 20% à Paris, à 46,10 €, après l’annonce d’une perte nette de 477 M€ en 2025. Un exercice plombé par la baisse des prix des matières premières et des vents contraires opérationnels.

Le contexte interne n’a rien arrangé notamment avec le départ du directeur général, la suspension du directeur financier, et la reprise en main par intérim de Christel Bories. Face au bilan tendu (levier à 5,5x), le groupe déploie un plan en trois volets : amélioration opérationnelle (ReSolution), monétisation d’actifs ciblés et augmentation de capital d’environ 500 M€ avec ses actionnaires historiques (la famille Duval détenant 37% et l’État 27% via Bpifrance et la Caisse des dépôts). Sur le terrain, le nickel indonésien de Weda Bay sera pénalisé par une réduction de production en 2026, tandis que les sables minéralisés au Sénégal souffrent toujours de prix déprimés.

Point plus positif, la montée en puissance du lithium en Argentine, avec Centenario proche de 75% de capacité fin 2025. Eramet traverse un bas de cycle. La clé sera désormais l’exécution et le timing du rebond des matières premières.

Défense - Figeac, Lisi et Exail en première ligne🚀

CLa guerre en Ukraine et le désengagement américain ont poussé le Vieux Continent à accélérer son réarmement. Résultat, les valeurs liées à la défense et à l’aéronautique attirent un engouement inédit. Dans ce contexte, trois acteurs français se distinguent dans l’actualité récente. Zoom sur Figeac Aero, Lisi et Exail Technologies, trois entreprises qui surfent sur la dynamique de réarmement et la montée en puissance des capacités industrielles européennes.

Figeac Aero ✈️

Difficile de passer à côté : l’Inde s’apprête à signer un méga‑contrat pour acquérir une centaine de Rafale et c'est Safran qui assemblera le moteur M88 directement en Inde, dans une logique “designed in France, made in India”. Devinez qui a été choisi par Safran pour développer les capacités de production d’une pièce de structure métallique clé du M88 ? Figeac Aero, qui renforce ainsi son positionnement stratégique dans la supply chain du Rafale. Cette montée en puissance industrielle s’inscrit dans la trajectoire annoncée par le groupe, qui vise 80 à 100M€ de chiffre d’affaires annuel à horizon mars 2028. Une actualité qui confirme la place centrale de Figeac dans la réindustrialisation aéronautique française.

Lisi 🔧

Champion discret mais incontournable, Lisi est l’un des leaders mondiaux des pièces mécaniques métalliques complexes pour les structures et moteurs d’avion, capables de résister à des contraintes extrêmes. Les derniers résultats l’ont confirmé : 883,4M€ de chiffre d’affaires sur 9 mois, en hausse de 19%, avec un T3 particulièrement solide (+23,9% en organique). La division Aerospace reste le moteur du groupe et devrait entrer dans une nouvelle phase de croissance en 2026. Pendant ce temps, Peugeot Invest a profité du momentum pour céder l’intégralité de sa participation, matérialisant près de 390M€ de création de valeur sur 50 ans, soit un TRI de 11%. Un timing parfait pour la famille Peugeot, mais une dynamique industrielle qui, elle, continue.

Exail Technologies 🌊

Toujours fidèle à son rythme de croissance soutenue, Exail Technologies a signé un excellent T4 2025 avec 153M€ de chiffre d’affaires, en hausse de 26%. Le segment Navigation & Robotique maritime tire la performance (+30%), tandis que les Technologies Avancées progressent de 9%. Pour 2026, le groupe vise une croissance à deux chiffres, portée par la demande en robotique autonome, en navigation inertielle et en systèmes de déminage. Ce dernier point pourrait devenir un relais majeur, notamment avec les opérations de sécurisation et de déminage en mer Noire. Exail fait partie des rares acteurs capables de bénéficier à la fois de la guerre… et de la fin de la guerre, grâce à ses technologies duales et à son positionnement unique.

Sommet mondiale de l'IA - L’Inde s’invite dans la bataille mondiale 🤖

Cette semaine à New Delhi se tenait le quatrième sommet mondial consacré à l’intelligence artificielle. Autour de la table, chefs d’État, patrons de la tech et chercheurs ont affiché une ambition commune : bâtir une IA accessible à tous, mais encadrée par des règles éthiques claires.

Parmi les intervenants figuraient Sam Altman (OpenAI), Demis Hassabis (Google DeepMind) ou encore Dario Amodei (Anthropic). Bill Gates, initialement attendu, a finalement renoncé à son discours d’ouverture afin que l’attention reste concentrée sur les enjeux du sommet.

En fin de semaine, une déclaration doit être signée pour fixer des principes de gouvernance. Car derrière l’euphorie des marchés, les questions demeurent : impact sur l’emploi — notamment en Inde, où des millions de personnes travaillent dans les centres d’appels —, pression environnementale des data centers, transformation de l’éducation et de l’information. « Nous créons des systèmes capables d’imiter l’humain », a rappelé le chercheur Stuart Russell.

L’Inde, forte de son milliard d’internautes, veut s’imposer comme un pôle mondial de l’IA. Google, Microsoft, Nvidia ou encore OpenAI ont multiplié les annonces d’investissements, de centres de données et de projets d’infrastructures. Objectif affiché : attirer jusqu’à 200 milliards de dollars en deux ans.

©Euronews

Un invité surprise sur la piste olympique📷

©TERJE PEDERSEN

 pleines qualifications du sprint libre par équipes femmes à Tesero, un invité surprise a volé la vedette aux fondeuses. Un chien-loup s’est élancé sur la piste à quelques mètres de l’arrivée, attiré par une caméra avant de sprinter au milieu du tracé, aux côtés de la Croate Tena Hadzic et de la Grecque Konstantina Charalampidou.

Médaille au cou, l’animal — baptisé Nazgulun chien-loup tchécoslovaque de deux ans — s’était échappé d’un bed & breakfast voisin. Rapidement récupéré par les officiels, il est reparti sain et sauf, laissant derrière lui quelques athlètes perplexes… et des millions de vues sur les réseaux.

Son temps n’a pas été pris en compte, mais sa popularité, elle, est déjà acquise.

Classement des médailles (provisoire) : la Norvège reste en tête, devant l’Allemagne et les États-Unis. La France se maintient dans le top 4.

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