Le pulse de la semaine

Le bureau de recherche d'Euroland Corporate
6 mars 2026

Le Pulse en un battement... 💢

📜 La Chine moins ambitieuse
Objectif 2026 à 4,5 % seulement. Moins de relance, déficit contenu à 4 %, mais la consommation intérieure peine encore à compenser le ralentissement des exportations. IA et tech restent prioritaires.

🐔 LDC poursuit ses acquisitions

Rachat de France Poultry pour sécuriser l’amont et renforcer les capacités de production. +13,8 % YTD, plus que doublé en 5 ans. La stratégie de croissance par acquisitions se poursuit.

🛢️ Trois small caps face au choc énergétique

Viridien profite du regain d’exploration (+10 %), Rubis reste sensible aux prix et volumes, Dolfines rebondit de +25 % après un contexte boursier difficile.

🍏Acheter un Mac coûte désormais moins cher que de s'offrir un iPhone

699 €, moins cher qu’un iPhone récent. Puce A18 Pro, 13’’ Liquid Retina, ciblage étudiants et nomades. Concessions sur options mais stratégie milieu de gamme Windows claire.

💣 Dissuasion nucléaire - Emmanuel Macron annonce de nouvelles armes

Macron annonce un renforcement des capacités, extension stratégique aux partenaires européens, maintien de l’ordre de mise à feu national. Doctrine de “stricte suffisance” et souveraineté industrielle renforcée.

L'édito de Marc Fiorentino 📜

La Chine moins ambitieuseC'est un tournant.
Encore un.
La Chine a annoncé son objectif de croissance pour 2026.
4,5 % "seulement" après les 5 % de 2025.
La Chine opte donc pour une croissance moins ambitieuse et moins coûteuse en plans de relance et en endettement.
Une sage décision.

La croissance chinoise
N'en finit pas de ralentir.
Autour de 10 % et plus, de 2002 à 2011.Autour de 7/8 %, de 2012 à 2018.Autour de 5 % jusqu'en 2025.
Et aujourd'hui, un objectif à 4,5 % en 2026.
La croissance chinoise se normalise.

Un choix
L'alternative pour la Chine était simple :
- Booster artificiellement la croissance à coups de plans de relance coûteux
Accepter une croissance moins ambitieuse, mais mieux équilibrée et moins coûteuse.

La Chine a opté pour l'option 2.
Mais même
Pour atteindre les 4,5 %, la Chine va devoir faire de la relance.
Le projet de la Chine reste le même : être moins dépendante du moteur des exportations en favorisant la consommation intérieure.
C'est le plan depuis plus de 10 ans, mais cela ne marche toujours pas car les ménages chinois n'ont pas fini d'absorber l'éclatement de la bulle immobilière.

Il faut remonter à 1991
Pour retrouver des objectifs de croissance à ce niveau.
La Chine fait clairement le choix de ne pas laisser déraper son déficit, qui devrait rester à 4 %, au même niveau qu'en 2025.
Toutes ces décisions ont été annoncées lors du Congrès national du peuple.

Aveux de faiblesse
Le Premier ministre Li Qiang a même avoué que l'économie chinoise subissait des pressions, avec une situation plus challenging sur l'emploi et sur le pouvoir d'achat.
En revanche, il a réaffirmé la volonté de la Chine de gagner la bataille de l'IA et de la Tech.
On a le programme 2026 donc.

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LDC poursuit ses acquisitions🐔

Le groupe français de volaille poursuit sa stratégie d’expansion avec le rachat de France Poultry, un industriel breton spécialisé dans l’export de poulets congelés. L’entreprise, créée en 2018 après la faillite du groupe Doux, exploite un abattoir à Châteaulin et emploie 314 salariés. LDC prévoit de réorienter progressivement cette production vers le marché français et d’investir dans un nouvel abattoir à horizon 2028 pour répondre à la hausse de la consommation domestique.

Même si le montant de l’opération n’a pas été communiqué, son impact restera limité à l’échelle d’un groupe qui réalise plus de 6,3 Md€ de chiffre d’affaires. L’intérêt est surtout stratégique et consiste à sécuriser l’amont agricole et à renforcer les capacités de production en France.

Cette opération s’inscrit dans une stratégie d’acquisitions très active ces derniers mois. En 2025, LDC a notamment racheté le groupe traiteur Pierre Martinet, dont les ventes ont contribué à hauteur d’environ 84 M€ sur les trois premiers mois d’intégration. Le groupe a également pris une participation majoritaire dans Green Label, un producteur britannique de canard réalisant près de 188 M£ de chiffre d’affaires et employant environ 700 personnes.

Pris isolément, le rachat de France Poultry n’est donc pas structurant. Mais il illustre une stratégie cohérente du groupe : multiplier les acquisitions ciblées pour soutenir la croissance des volumes et accompagner une consommation de volaille structurellement en hausse. Sur le plan boursier, LDC reste très bien orienté avec un cours en hausse de +13,8% YTD et qui a plus que doublé en cinq ans (c.+105%). 

Trois small caps face au choc énergétique 🛢️ 

Le pétrole revient brutalement au cœur du jeu géopolitique.La guerre au Moyen-Orient fragilise la production iranienne, qui dépasse 4 millions de barils par jour. Dans le même temps, les tensions autour du détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 30 % du pétrole transporté par voie maritime dans le monde, perturbent les flux énergétiques du Golfe. Le marché réagit : depuis le début de l’année, le Brent s’envole d’environ +37 % et évolue autour de 83 $ le baril. Derrière ce choc pétrolier, certaines small caps du secteur profitent clairement du regain d’activité attendu dans l’exploration et les services… quand d’autres restent beaucoup plus exposées aux effets secondaires de la hausse des prix de l’énergie.

🌍 Viridien : Oui !

Spécialiste de la sismologie appliquée et des technologies géophysiques, Viridien s’appuie sur deux piliers complémentaires : les services sismiques, qui couvrent l’acquisition et l’analyse de données terrestres et offshore, et la fabrication d’équipements géophysiques. Longtemps pénalisée par un niveau d’endettement élevé, la société a retrouvé de l’air après l’assainissement de son bilan, un tournant qui a permis au titre de bondir de plus de 50 % fin 2025. La dynamique se poursuit : l’action gagne encore près de 10 % depuis le début de la semaine. Dans un contexte de tensions sur le marché pétrolier, les majors et les opérateurs pourraient relancer des programmes d’exploration, de forage et de développement de nouveaux champs, un cycle porteur pour la demande en données sismiques et en équipements géophysiques.

🛢️ Rubis : Bof !

Rubis évolue dans la distribution et le stockage de produits énergétiques liquides, un modèle où la hausse du pétrole ne se traduit pas mécaniquement par une meilleure performance. L’équation reste sensible à trois paramètres clés : les marges unitaires, les volumes distribués et la gestion du besoin en fonds de roulement. Lorsque les prix de l’énergie grimpent, les stocks deviennent plus coûteux à financer et consomment davantage de cash. Autre particularité, plus de la moitié de l’activité repose sur des tarifs régulés, ce qui protège partiellement les marges mais limite aussi l’effet positif direct d’un pétrole plus cher. Le marché attend désormais la publication des résultats annuels le 12 mars, qui donnera une meilleure lecture de la dynamique opérationnelle du groupe.

🔧 Dolfines : Surprise ?

Peu connue du grand public, Dolfines signe un rebond spectaculaire d’environ +25 % en une semaine, après plusieurs années boursières particulièrement chahutées. La société, spécialisée dans l’ingénierie et les services pour les projets de forage et les infrastructures énergétiques, bénéficie aujourd’hui d’un contexte pétrolier plus favorable susceptible de relancer certains investissements des opérateurs. L’entreprise a publié un chiffre d’affaires de 6,92 M€ pour 2025, en recul d’environ 33 % par rapport à 2024, selon sa dernière communication financière. Dans ce type de micro-cap encore fragile (<5M€), le retour d’un cycle d’investissement dans l’exploration pétrolière peut rapidement raviver l’intérêt du marché.

Acheter un Mac coûte désormais moins cher que de s'offrir un iPhone 🍏

Pour la première fois, le Mac le moins cher de la gamme tombe à 699 €, moins cher que le ticket d’entrée des iPhone récents. Un vrai renversement stratégique pour la marque.

Le secret ? La puce A18 Pro, celle des iPhone 16 Pro et Pro Max, qui propulse le Neo au-dessus des PC portables classiques pour les usages quotidiens. Avec 1,2 kg et un écran 13 pouces Liquid Retina, il cible étudiants et nomades digitaux, tout en offrant des performances solides.

Côté design, Apple mise sur l’audace, jaune agrume, rose poudré, indigo ou argent, clavier assorti au châssis, finition aluminium robuste.

Pour tenir le prix, pas mal de concessions sont nécessaires, pas de rétroéclairage, pas de MagSafe ni de charge rapide, Touch ID en option, webcam simplifiée et seulement 8 go de ram...

Cette stratégie permet à Apple d’attaquer directement le milieu de gamme Windows. Le MacBook Air 11 pouces de 2015, recordman du prix plancher, est désormais dépassé de 200 €, offrant une porte d’entrée massive vers l’écosystème Apple.

©APPLE

Dissuasion nucléaire - Emmanuel Macron annonce de nouvelles armes📷

© Lionel Le Saux / MAXPPP

Lundi 2 mars 2026, Emmanuel Macron a tracé une nouvelle ligne dans la politique de dissuasion française. Face à une Russie agressive et à un allié américain plus distant, la France ne se limite plus à protéger ses frontières, elle propose d’étendre son ombre nucléaire à l’ensemble de ses partenaires européens.

Cette "dissuasion avancée" n’est pas un partage de souveraineté. La fabrication des missiles et l’ordre de mise à feu restent strictement français. L’Élysée conserve la prérogative absolue sur la gâchette, tandis que le bouclier français devient un service stratégique pour l’Europe.

Pour soutenir cette ambition, la France prévoit d’augmenter son nombre de têtes nucléaires. Les chiffres restent classifiés, mais l’objectif est clair, garantir des capacités suffisantes pour couvrir ces nouveaux engagements tout en respectant la doctrine de "stricte suffisance".

Cette "européanisation" de la dissuasion a un prix, réduire la dépendance technologique aux États-Unis. Macron insiste , protection nucléaire et souveraineté industrielle vont de pair. Les programmes communs comme le SCAF ou la mutualisation des moyens conventionnels seront déterminants pour crédibiliser ce nouveau rôle européen.

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