Emmanuel Macron a remis l'électrification au centre du jeu. Après le plan gouvernemental « Électrifions la France ! » dévoilé le 23 avril, le chef de l'État a réuni fin mai à l'Élysée son « équipe de France de l'électrification », composée de quelque 200 représentants d'entreprises, de fédérations et d'organismes publics.
L'ambition chiffrée est nette : ramener la part des fossiles de 58% à moins de 30% d'ici 2035, en portant l'électricité à 38% de la consommation énergétique. Derrière le récit classique de souveraineté, il pourrait il y avoir du concret.
Si l'attention médiatique se concentre naturellement sur les gros contrats (le milliard promis de Stellantis à Mulhouse, EDF, Enedis), il existe tout de même un intérêt pour l'investisseur small cap dans la chaîne d'exécution. Trois poches méritent le radar.
D'abord, l'infrastructure de recharge. L'objectif est de passer de plus de 185 000 bornes en service à 400 000 d'ici 2030, avec par exemple un investissement de 300 M€ d'Electra pour 1 000 points de charge ultra-rapides par an d'ici 2030. Tout l'écosystème d'installation, de maintenance et de pilotage électrique en bénéficie en cascade.
Ensuite, le bâtiment et le chauffage. Le volet le plus contraignant est réglementaire : dès le 1er septembre 2026, les aides à la rénovation d'ampleur des maisons individuelles seront conditionnées au remplacement d'une chaudière fossile. C'est un signal direct pour les fabricants et installateurs de pompes à chaleur, un sous-secteur où plusieurs valeurs cotées et candidats à la cote se positionnent.
Enfin, l'amont électrique : câbles, connectique, équipements de réseau. Sur cet aspect, la cote small cap offre des points d'entrée relativement bon marché sur les sous-traitants spécialisés.
Évidemment, un plan d'État ne fait pas une thèse d'investissement à lui seul. Les annonces de subventions sont souvent recyclées d'un communiqué à l'autre, et le risque politique (budget, alternance, recalibrage) pèse forcément sur la durabilité des aides et la crédibilité des ambitions en la matière.
Le bon réflexe n'est pas d'acheter « le thème », mais de chercher les sociétés dont le carnet de commandes est déjà adossé à cette dynamique, indépendamment des subventions et des effets d'annonce : celles qui vont gagner parce que l'électrification est structurelle, pas parce qu'un guichet politique est ouvert en la matière.