L’intelligence artificielle s’invite progressivement dans le monde de l’épargne et de l’investissement notamment auprès des actionnaires individuels. Dans une étude publiée en mai 2026, l’Autorité des marchés financiers (AMF) s’est penchée sur les usages, les perceptions et les attentes des Français vis-à-vis de l’IA appliquée à l’investissement.
Premier constat : malgré l’omniprésence du sujet, l’IA ne constitue pas encore une source d’information majeure pour les épargnants. Seuls 11 % des Français déclarent y avoir recours avant de réaliser un placement, loin derrière les conseillers bancaires ou financiers, cités par 42 % des personnes interrogées. Son utilisation est néanmoins nettement plus marquée chez les moins de 35 ans, dont près d’un sur cinq déclare déjà l’utiliser. Cette proportion tombe à seulement 4 % chez les plus de 55 ans.
L’IA apparaît donc aujourd’hui comme un outil complémentaire. Les utilisateurs s’en servent principalement pour mieux comprendre les produits financiers, rechercher des informations sur les placements ou suivre l’actualité des marchés. En revanche, très peu d’investisseurs s’appuient exclusivement sur l’IA pour prendre leurs décisions : seuls 3 % des investisseurs déclarent lui déléguer entièrement leurs choix.
L’étude met également en évidence un profil d’utilisateur relativement identifiable. Les investisseurs en crypto-actifs, les jeunes actifs, les catégories socio-professionnelles supérieures et les personnes ayant un niveau d’études élevé sont les plus enclins à intégrer ces outils dans leur processus de réflexion. Cette tendance traduit une recherche d’autonomie et une plus grande appétence pour l’innovation, mais également une prise de risque plus importante.
Au-delà des usages actuels, les Français semblent percevoir l’IA comme un levier susceptible de transformer en profondeur la relation entre les investisseurs et les professionnels de la finance. Plus de la moitié d’entre eux estiment qu’elle pourrait permettre de délivrer des conseils plus personnalisés, améliorer la performance des placements et réduire les frais de gestion. 54 % considèrent même qu’elle pourrait, à terme, remplacer une partie du rôle traditionnel du conseiller humain.
Cette utilisation actuelle de l’IA reste à nuancer. Deux tiers des Français considèrent que l’utilisation de l’IA comporte des risques, notamment celui d’erreurs ou de mauvaises décisions. Plus de la moitié craignent également une complexification des produits et une perte de transparence dans les processus d’investissement. Les plus jeunes, pourtant plus familiers avec ces outils, sont aussi ceux qui identifient le plus clairement ces risques.
L’AMF souligne également un point d’attention important : les utilisateurs réguliers de l’IA sont plus nombreux à avoir déjà été confrontés à des escroqueries financières. Cette corrélation ne signifie évidemment pas que l’IA est en cause, mais elle rappelle qu’une plus grande autonomie informationnelle ne dispense ni de vigilance ni d’esprit critique.
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