Le pulse de la semaine

Le bureau de recherche d'Euroland Corporate
26 juin 2026

Le Pulse en un battement... 💢

📜 Et maintenant les robots !

Alors que l’Europe débat surtout de l’IA, la Chine, le Japon et la Corée misent massivement sur la robotique pour compenser leur déclin démographique. La Chine installe désormais plus de robots industriels que le reste du monde réuni et domine déjà le marché des robots humanoïdes.

⚠️ Pierre & Vacances - Une OPA de plus

Le fonds souverain d’Abou Dhabi, Mubadala Capital, lance une OPA sur Pierre & Vacances à 1,90 € par action, avec une valeur pouvant atteindre 2 €. Une opération qui met fin à un an de spéculations autour du propriétaire de Center Parcs et Adagio.

⚔️ Défense européenne - Déconvenue et coup d'envoi

Rheinmetall chute après l’abandon du programme allemand de frégates F126, tandis que KNDS prépare son introduction en Bourse et que Figeac Aéro renforce son exposition au Rafale avec un nouveau contrat stratégique de Dassault Aviation.

🔥 Micron met la mémoire en surchauffe

Le spécialiste des puces mémoire a largement dépassé les attentes grâce à la demande des data centers IA. Avec 22 Md$ d’engagements clients et une capitalisation désormais supérieure à 1 000 Md$, la bataille de l’IA ne se joue plus uniquement chez Nvidia.

📷 Marc Bloch entre au Panthéon

Historien majeur, résistant et auteur de L’Étrange Défaite, Marc Bloch a rejoint le Panthéon aux côtés de son épouse Simonne. Un hommage national qui a résonné bien au-delà de l’histoire, dans un contexte politique et mémoriel toujours sensible.

L'édito de Marc Fiorentino 📜

Et maintenant les robots !

L'IA est le sujet majeur quand on évoque l'avenir de l'emploi.

Avec la crainte de voir l'IA remplacer progressivement les cols blancs.

Mais en Europe, on évoque encore peu le sujet des robots. Un sujet omniprésent en Asie, et en particulier en Chine et en Corée.

Explications.

Question

Si la population en âge de travailler en Chine passe, comme anticipé, d'un milliard de personnes à moins de 300 millions en 2100, comment faire pour assurer les tâches nécessaires et alimenter la croissance ?

À cette question, les dirigeants chinois ont déjà répondu : il faut tout miser sur les robots.

Une étape majeure

L'année dernière, dans l'industrie, la Chine a installé plus de robots... que l'ensemble des pays du reste du monde.

Les yeux sont tournés vers Claude, qui veut prendre notre job de bureau, mais les emplois industriels et les services à la personne dans les pays à très faible natalité seront assurés, dans l'avenir, par les robots.

Ce n'est pas de la science-fiction, c'est déjà la réalité d'aujourd'hui.

Les autres pays

Qui misent tout sur la robotique sont le Japon et la Corée.

Décidément, cela fait deux jours de suite que je parle de la Corée.

Vous connaissez le problème de la Corée : le taux de fécondité le plus bas du monde.

En dessous de 0,70.

Et une part de la population âgée qui explose.

Donc un besoin croissant de jobs de proximité et de moins en moins de personnes pour faire ces jobs.

Et pour la Corée, la solution depuis maintenant plus de dix ans n'est pas l'immigration, mais la robotique.

Quelques chiffres

Si vous pensez que le sujet est encore anecdotique.

Le parc installé de robots industriels en Chine est de 2 millions, soit 4,5 fois plus que le Japon.

Les revenus de l'industrie robotique chinoise ont doublé en cinq ans.

87 % des robots humanoïdes viennent de Chine et on prévoit un doublement de la production en 2026...

Je continue ?

En Corée du Sud

Il y a plus de 1 000 robots pour 10 000 salariés.

Ratio le plus élevé au monde.

Sept fois la moyenne mondiale.

Les robots sont partout, avec Hyundai en pointe sur le secteur, Hyundai qui vient d'annoncer un partenariat sur la robotique IA avec Nvidia.

La robotique : l'autre révolution industrielle et sociale.

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⚠️Pierre & Vacances: une OPA de plus

Le dossier qui mijotait depuis un an a trouvé son dénouement. Le 22 juin, le conseil d'administration de Pierre & Vacances a accueilli favorablement une offre publique d'achat de Mubadala Capital (l'un des fonds stratégiques d'Abou Dabi) portant sur l'intégralité du capital. Fin de la revue stratégique lancée en juin 2025 : on sait enfin qui reprend Center Parcs, Adagio et maeva&co.

Les termes : 1,90€ par action, dividende exceptionnel de 0,11€ inclus (donc 1,79 € hors coupon). Un bonus de 0,10€ s'ajoute si Mubadala franchit les 90% et retire le titre de la cote, soit potentiellement 2,00€ en valeur totale.

Le point central du dossier : toute la prime s'est faite à la rumeur. Mesurée sur le cours d'avant-revue stratégique (juin 2025), l'offre est généreuse, environ 35% de prime sur le dernier cours, 42% en valeur totale à 2,00€. Sauf que le marché a passé l'année à intégrer le caractère spéculatif du titre. Sur le cours d'avant-annonce de l'offre elle-même, la prime fond à 7%. 

Le deal semble déjà en partie sécurisé: Mubadala détient déjà l'accord des fonds de restructuration (Benefit Street Partners, Fidera, Pastel Holding), soit 58,6 % du capital. Le calendrier, lui, aspire à faire preuve d'un peu de patience: engagements d'apport attendus d'ici le 17 juillet, AGE autour du 30 septembre, et dépôt de l'offre seulement au T1 2027.

Défense européenne - Déconvenue et coup d'envoi ⚔️ 

Rheinmetall, la douche froide

Berlin a officiellement enterré le programme F126, six frégates qui devaient être les plus grands navires de guerre allemands depuis 1945. Délais, dérapages de coûts et risques jugés ingérables : la facture des six bâtiments aurait dépassé 18 milliards d'euros, contre 10 milliards initialement. Rheinmetall, pressenti comme maître d'œuvre via sa division navale NVL, paie l'addition en Bourse : le titre a chuté jusqu'à 20 %, effaçant plus de 11 milliards d'euros de capitalisation. Berlin se rabat sur huit frégates Meko A-200 de TKMS, grand gagnant du jour.

KNDS rejoint le bal des IPO

Le franco-allemand du blindé officialise une double cotation Francfort-Paris. Selon des sources de Reuters, l'opération pourrait valoriser le groupe autour de 15 milliards d'euros. Le secteur défense capitalise sur l'appétit du marché.

Figeac Aéro accroche le Rafale

Le sous-traitant décroche un contrat Dassault pour les ferrures titane fixant les canards au fuselage. Livraisons attendues courant 2026, croisière en 2027, sur capacités existantes. Le militaire pèse désormais 11 % des prises de commandes du plan Pilot 28, au-dessus de la cible de 10 %.

Micron met la mémoire en surchauffe 🔥

Micron a fait exploser les compteurs. Le géant américain des puces mémoire a publié des résultats très supérieurs aux attentes de Wall Street, portés par la demande insatiable liée à l’intelligence artificielle. Le titre a immédiatement bondi de 12 % dans les échanges après-Bourse, signe que le marché n’avait pas totalement anticipé l’ampleur du mouvement.

Les chiffres donnent le vertige. Au troisième trimestre, Micron a généré 41,46 milliards de dollars de chiffre d’affaires, contre 35,85 milliards attendus. Le bénéfice ajusté par action atteint 25,11 dollars, là aussi nettement au-dessus du consensus. Dans la foulée, la capitalisation du groupe a franchi le seuil symbolique des 1 000 milliards de dollars.

Derrière cette envolée, il y a surtout un marché sous tension. Les grands centres de données cherchent à sécuriser leurs approvisionnements, alors que la mémoire devient l’un des maillons critiques de la chaîne IA. Micron annonce ainsi 16 accords stratégiques, représentant 22 milliards de dollars d’engagements fermes et de dépôts.

La suite ne devrait pas calmer la fièvre. Sanjay Mehrotra prévient que les contraintes d’approvisionnement pourraient durer au-delà de 2027. Micron prévoit déjà d’investir environ 10 milliards de dollars au quatrième trimestre. Dans la guerre de l’IA, les projecteurs restent braqués sur Nvidia, mais la mémoire vient de rappeler qu’elle avait aussi son mot à dire.

@Jonathan Raa/SIPA Usa/SIPA

📷 Marc Bloch entre au Panthéon

©EPA

La Nation a rendu hommage à Marc Bloch, mardi soir, lors d’une cérémonie solennelle au Panthéon. Historien majeur, résistant, intellectuel assassiné par la barbarie nazie, il y fait son entrée aux côtés de son épouse Simonne, dans une séquence à la fois mémorielle, politique et profondément symbolique.

Cofondateur de l’école des Annales, Marc Bloch a transformé la manière d’écrire l’histoire. Mais il reste aussi l’auteur de L’Étrange défaite, texte implacable sur l’effondrement français de 1940 et le refus de la résignation. En l’absence de dépouilles, les cénotaphes déposés au Panthéon renferment des objets hautement symboliques, dont son testament spirituel rédigé en 1941.

Emmanuel Macron a donné à cet hommage une portée très contemporaine. Dans son discours, le chef de l’État a dénoncé l’esprit de défaite, le poison de Vichy et l’antisémitisme d’État, rappelant que Marc Bloch fut à la fois une victime de son temps et une vigie pour le nôtre.

La cérémonie s’est aussi tenue dans un climat politique tendu. À la demande de la famille, les représentants de l’extrême droite n’étaient pas souhaités sur place, déclenchant de nouvelles passes d’armes. Même au Panthéon, la mémoire reste un terrain de bataille.

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