Le pulse de la semaine

Le bureau de recherche d'Euroland Corporate
30 octobre 2026

Le Pulse en un battement... 💢

🛢️ Pourquoi le pétrole est-il encore au-dessus de 100 dollars ?
Malgré la reprise des exportations au Moyen-Orient, le Brent dépasse toujours les 110 dollars. Risque de reprise du conflit iranien, assurances hors de prix et retour de la demande chinoise maintiennent les cours sous tension.

⚡ NSE – Les marges décollent, la Défense temporise
NSE affiche un chiffre d’affaires en hausse de 20 % à 61,9 M€ au S1, porté par ses acquisitions. L’EBITDA bondit de 77 %, avec une marge de 12,2 %. Une belle progression de la rentabilité, malgré des incertitudes sur les contrats militaires.

💻 Service IT – Lecture commune de 3 publications
Sopra Steria, Infotel et Aubay accélèrent, portés par le rebond de la demande française. L’IA relance les budgets informatiques, mais les marges restent encore sous pression.

🐺 Google rate son trimestre, Wall Street sanctionne
Alphabet chute de 10 % après des résultats décevants. La publicité ralentit, l’IA rapporte moins que la recherche traditionnelle et les investissements continuent d’exploser.

⚽ Harry Kane, enfin couronné
Avec 73 buts en 65 matchs, l’attaquant anglais décroche son premier Ballon d’Or devant Mbappé et Yamal. Une consécration à 33 ans, 25 ans après le dernier sacre anglais.

L'édito de Marc Fiorentino 📜

Pourquoi le pétrole est-il encore au-dessus de 100 dollars ?

Vous pensez peut-être que la réponse à cette question est simple : le pétrole est au-dessus de 100 dollars parce que les tankers ne circulent pas dans le détroit d'Ormuz et que les exportations de pétrole se sont effondrées depuis le début de la guerre en Iran.
Réponse logique mais fausse.
Explications.

Les cours du pétrole
Restent élevés.
Plus de 100 dollars pour le brut américain.
Plus de 110 dollars pour le Brent.
Le Brent avait certes atteint les 117 dollars au plus haut.
Il a donc baissé.
Un peu.
Mais il reste à des niveaux douloureux pour l'économie mondiale et pour le pouvoir d'achat des ménages.

Pourquoi ?
Les réponses évidentes : la guerre en Iran, le détroit d'Ormuz, la chute des exportations de pétrole.
Oui, mais pas tout à fait juste.
Les exportations de pétrole du Moyen-Orient atteignaient 23,3 millions de barils par jour avant la guerre.
Elles sont aujourd'hui... à 24 millions de barils, selon le WSJ.
Et les tankers circulent dans un détroit d'Ormuz quasi sécurisé par les États-Unis.

Compte tenu
Du niveau actuel des exportations et de la demande, selon le WSJ, le cours du pétrole aurait déjà dû baisser vers les 90 dollars, un premier palier.
Mais ce n'est pas le cas.
Pour plusieurs raisons.
Simples.

Première raison
Et raison principale : les marchés anticipent une reprise de la guerre après les midterms.
Trump ne l'a pas caché, même s'il dit qu'il existe encore une chance d'accord.
Et les élections en Israël, avec le parti de Netanyahou en tête mais sans majorité, et donc des négociations qui risquent de durer plusieurs semaines ou plusieurs mois, ne seront pas un obstacle à cette reprise.
Quant à l'Iran, il se prépare pour une riposte tous azimuts avec les installations pétrolières de la région en ligne de mire.

Mais il y a d'autres raisons
Le transport reste extrêmement dangereux.
Et les compagnies d'assurance demandent des prix astronomiques pour assurer les tankers.
Un coût supplémentaire significatif.
Les stocks, notamment les stocks de pétrole chinois, ont baissé et winter is coming.
La Chine se remet donc à acheter.
Bref, tant que la guerre en Iran ne sera pas terminée, le pétrole restera à des niveaux anormalement élevés.
Mais quand elle se terminera, et elle se terminera, le pétrole chutera autour de 60 à 70 dollars.
C'est notre anticipation.

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NSE – Les marges décollent, la Défense temporise

Basé dans l’Allier, NSE est un spécialiste de l’électronique de haute technologie pour la Défense et l’aéronautique. Le groupe intervient sur deux métiers : l’intégration de systèmes électroniques embarqués et les services de maintenance, notamment sur les équipements militaires et aéronautiques.

Au premier semestre, le chiffre d’affaires progresse de +20% à 61,9 M€, essentiellement grâce aux acquisitions d’Anjou Electronique et de Butitec. À périmètre constant, l’activité recule de -1,5%. Deux dynamiques s’opposent : l’intégration progresse de +11,3% en organique, portée par les programmes de Défense, tandis que les services reculent de -7,9%, pénalisés par une baisse de facturation sur certains contrats militaires.

La bonne surprise vient surtout de la rentabilité. L’EBITDA bondit de +77% à 7,5 M€, portant la marge à 12,2%, contre 8,3% un an plus tôt. Le résultat net est quasiment multiplié par trois, à 3,5 M€, tandis que la dette nette reste limitée à 5,2 M€.

Après avoir perdu -26% depuis août, le titre reprend +4% sur la publication, à 38,6€. Le groupe confirme ses perspectives de croissance pour 2026, mais des incertitudes persistent sur les services Défense, notamment liées à l’exécution du budget militaire français.

Service IT – Lecture commune de 3 publications 💻

Sopra Steria accélère à +4,3% en organique au troisième trimestre après +3,0% au premier semestre et relève sa prévision annuelle. Infotel signe son meilleur trimestre de l’année, +11,3% à 77,9M€, porté par des services à +12,6%. Aubay tient +8,5%, intégralement organique, et vise désormais 705 à 710M€ sur l’année. Le marché attendait en début d’année des services numériques à peine repassés dans le vert : c’était trop prudent. Capgemini publie ce matin, chacun fera la comparaison.

La géographie s’est inversée, et cela ressemble beaucoup à du rattrapage. La France, longtemps le maillon faible, redevient le moteur, à +6,1% en organique chez Sopra et +7,6% chez Aubay, après deux années de programmes gelés chez les grands comptes. C’est l’Europe continentale qui marque désormais le pas, à -0,3% chez Sopra.

Le plus parlant est le chiffre d’affaires par collaborateur. Au troisième trimestre, Aubay facture environ 18 200 euros par tête contre 17 800 un an plus tôt, et Infotel 21 400 euros contre 21 200. Autrement dit, la croissance vient du nombre de consultants, pas du prix de la journée, et le gain par tête couvre à peine l’inflation salariale.

C’est là que l’IA intervient réellement. Les directions informatiques relancent leurs budgets au nom de l’IA, mais ce qu’elles achètent reste du travail classique : préparer les données, moderniser les applications anciennes, sécuriser. Facturé à la journée, au prix du marché. Les objectifs de marge inchangés, entre 9 et 10%, disent le reste.

Google rate son trimestre, Wall Street sanctionne 🐺

Alphabet, la maison mère de Google, a fait bien moins que prévu au troisième trimestre. Résultat : l’action a chuté de 10 % après la publication des résultats, le 28 octobre.

Les analystes attendaient un bénéfice d’environ 3 dollars par action, Google n’en affiche que 2,12. Une perte exceptionnelle sur ses participations financières explique une partie de l’écart, mais pas tout : même sans elle, le bénéfice reste nettement sous les prévisions.

Le plus inquiétant concerne la recherche Google, pilier historique du groupe. Ses revenus publicitaires ralentissent nettement, à +12 %, et l’IA y est pour quelque chose. Alphabet reconnaît lui-même que les recherches faites via son mode IA rapportent moins que les recherches traditionnelles. C’est un aveu de taille pour une entreprise dont le modèle repose sur la publicité.

Le groupe ne lève pas le pied pour autant. Il maintient ses dépenses dans l’IA entre 195 et 205 milliards de dollars cette année et prévoit de dépasser les 300 milliards en 2027. Le cloud a beau doubler son chiffre d’affaires sur un an (+103 %), les investisseurs se posent désormais une question : combien de temps Google pourra-t-il dépenser autant avant que l’IA ne rapporte vraiment ?

© Anderson Redux

📷 Harry Kane, enfin couronné

© Aymeric Le Gall

L’Angleterre attendait ce moment depuis 25 ans. Le 26 octobre à Londres, l’attaquant du Bayern Munich a décroché le Ballon d’Or, devant Kylian Mbappé et Lamine Yamal.

On l’a longtemps présenté comme le « buteur sans trophée ». Kane a répondu sur le terrain : 73 buts en 65 matchs, le titre de champion d’Allemagne, le Soulier d’or européen et une 3e place au Mondial avec l’Angleterre. Aucun Anglais n’avait gagné le Ballon d’Or depuis Michael Owen en 2001.

Pour Kylian Mbappé, la soirée a un goût amer. Il termine deuxième et n’a jamais été aussi près du trophée, mais le capitaine des Bleus attend toujours son premier Ballon d’Or. Rendez-vous l’an prochain ?

Pour la première fois, la cérémonie s’est tenue à Londres plutôt qu’à Paris, pour les 70 ans du tout premier Ballon d’Or, gagné par l’Anglais Stanley Matthews. Le football français a tout de même eu sa récompense : le PSG a été élu club de l’année. Alexia Putellas a remporté son troisième Ballon d’Or féminin, et Lamine Yamal le trophée Kopa du meilleur jeune.

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