💡 À retenir cette semaine

Semaine placée sous le signe du rebond avec le cessez-le-feu annoncé hier matin en Iran. Aux US, les indices rebondissent fort (S&P +3,1%, Nasdaq +3,7%). En France aussi (CAC +3,5%, CAC Mid et Small +2,5%). 

TOP valeurs de la semaine

🏢 Société de la Tour Eiffel (+110%)

On ne s'attendait pas à voir la discrète foncière de bureaux de banlieue jouer les vedettes. SMABTP, actionnaire à 93,8% depuis la recapitalisation de début 2025, a annoncé le dépôt d'un projet d'OPR suivie d'un retrait obligatoire à 8,20 € par action, soit une prime de 115% sur le dernier cours avant suspension (3,81 €) et un prix en ligne avec l'ANR EPRA de continuation (NTA) de 8,16 euros par action au 31/12/2025. La place parisienne perd une nouvelle foncière historique, cotée depuis 1991, après MRM fin 2024 et Foncière Lyonnaise courant 2025.

📺 Vivendi (+15%)

Le catalyseur ne vient pas de Vivendi elle-même, mais de sa participation dans UMG. L'annonce d'une offre de rachat par Pershing Square, le fonds de Bill Ackman, valorisant Universal Music à 30,40 € par action (prime de ~80%) a fait bondir UMG de plus de 11% à Amsterdam. L'offre est non contraignante, le montage complexe (fusion avec un SPARC, cotation à New York, cash + titres), et le scepticisme de marché palpable. Mais pour Vivendi, dont le titre traîne à 2 € depuis la scission, la simple perspective d'une cristallisation de valeur sur sa participation de ~10% dans UMG change le calcul de la décote de holding. À suivre de très près.

📡 Parrot (+7%)

Le champion français du micro-drone enchaîne les catalyseurs. Premières commandes fermes via la NSPA (agence d'acquisition de l'OTAN) pour ses systèmes ANAFI UKR, avec des livraisons déjà en cours par tranches de 100 à 500 unités et deux clients identifiés dont les forces finlandaises (~15 M€). Le tout dix jours après des résultats annuels encourageants : CA record à 79,8 M€ (+6% à tcc) et un S2 à l'équilibre opérationnel (+0,2 M€ de ROC). Le carnet de commandes drones déjà sécurisé pour 2026 avoisine le CA réalisé par cette activité sur l'ensemble de 2025. La question n'est plus de savoir si Parrot a réussi son pivot défense, mais quand le P&L suivra durablement.

FLOP valeurs de la semaine

✈️ Latécoère (-16%)

L'équipementier toulousain a publié ses résultats annuels 2025 lundi, avec un EBITDA courant en nette amélioration à 39,4 M€ (contre 25,7 M€ en 2024) et des flux de trésorerie redevenus positifs à 10,5 M€. Sur le papier, c'est un tournant. Sauf que le titre cote à… 0,019 €. Le regroupement d'actions n'a pas suffi à effacer l'héritage d'une structure capitalistique plombée par Searchlight Capital et des années de cash burn. La dette nette reste élevée, à 151 M€, pour une capitalisation de 245 M€. Le marché demande à voir la suite. 

🧬 Genfit (-8%)

La biotech lilloise a publié ses résultats annuels le 2 avril dans un contexte de marché plutôt hostile. Le CA 2025 ressort à 65,4 M€ (contre 67 M€ en 2024), dont 21,8 M€ de royalties et un milestone de 43,6 M€ liés à Iqirvo. Le pipeline reste riche (Phase 2 ACLF, Phase 3 PSC avec Ipsen, CCA en oncologie), la trésorerie de 101 M€ offre une visibilité au-delà de 2028, et la FDA a accordé la désignation Orphan Drug à NTZ en mars. Mais dans un marché exigeant, ça ne suffit pas. 

💻 Claranova (-4%)

L'ancienne Avanquest, désormais recentrée sur ses activités SaaS, continue de glisser dans l'indifférence générale. Le S1 2025-2026 affiche un retour au bénéfice (2,3 M€ de résultat net contre -6 M€ un an plus tôt) et un partenariat stratégique avec Reverso sur l'intelligence documentaire multilingue a été annoncé. Mais à 0,70 €, la capitalisation tombe sous les 40 M€, un niveau qui commence à poser la question de la pertinence même de la cotation, d'autant que la société semble fortement exposée à la menace de l'IA.


"La présente newsletter a été préparée par EuroLand Corporate indépendamment des sociétés mentionnées et est diffusée à titre purement informatif. 
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Tout investisseur doit se faire son propre jugement quant à la pertinence d'un investissement dans une quelconque valeur mobilière émise par la Société, en tenant compte des mérites et des risques qui y sont associés, de sa propre stratégie d'investissement et de sa situation légale, fiscale et financière. 
EuroLand Corporate n'a pas vérifié de manière indépendante les informations fournies dans cette newsletter. A ce titre, aucune déclaration ou garantie, implicite ou explicite, n'est donnée quant à la sincérité, l'exactitude, l'exhaustivité ou la véracité des informations, opinions, prévisions, projections et/ou estimations contenues dans la présente newsletter. EuroLand Corporate, ni aucun de ses membres, dirigeants, employés ou conseillers, ni toute autre personne n’accepte d’être tenu d’une quelconque responsabilité (en raison d’une négligence ou autrement) pour tout préjudice de quelque nature que ce soit qui résulterait de l'utilisation de la présente newsletter, de son contenu, de son exactitude, de toute omission dans la présente newsletter, ou encore lié d'une quelconque manière à la présente newsletter.
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L'intelligence artificielle est en train de réécrire les règles de la consommation électrique mondiale. La consommation des data centers américains, estimée à plus de 200 TWh en 2025, est attendue entre 400 et 600 TWh d'ici 2030, avec une croissance annuelle de 15% sur la période. Dans ce contexte, les systèmes de stockage d'énergie par batterie, les BESS (Battery Energy Storage Systems), s'imposent progressivement comme une infrastructure critique, au même titre que les serveurs ou les systèmes de refroidissement.

Un marché en forte accélération

Le marché mondial des BESS est estimé à 76,7 Mds$ en 2025 et projeté à 172,2 Mds$ d'ici 2030, avec une capacité installée attendue à 1 200 GWh contre 200 GWh aujourd'hui. La dynamique est particulièrement marquée pour les systèmes conteneurisés, qui constituent le format privilégié des déploiements en environnement data center. Ce segment est projeté à un CAGR de 21% entre 2025 et 2030, pour atteindre 35,8 Mds$.

Le basculement en cours est structurel. Les générateurs diesel demeurent le principal système de secours dans la grande majorité des data centers, mais les opérateurs commencent à explorer le BESS comme composant central de leur architecture énergétique. L'attrait est multiple, une réponse en quelques millisecondes contre plusieurs secondes pour un groupe électrogène, une empreinte au sol réduite, un bruit limité, et une compatibilité avec les objectifs de décarbonation. Selon certains bureaux d'études, l'opportunité représentée par les hyperscalers est évaluée à 20 GW de déploiements BESS d'ici 2035, soit environ 9 GW dès 2030.

Un usage qui va bien au-delà du simple backup

Le BESS redéfinit aussi le rapport des data centers au réseau électrique. En optant pour une connexion dite "interruptible" au réseau, couplée à des batteries garantissant une alimentation stable, les opérateurs peuvent réduire considérablement leurs délais de raccordement. Cette stratégie pourrait débloquer jusqu'à 76 GW de capacité nouvelle pour le développement de data centers aux États-Unis. Dans des zones où les files d'attente de raccordement s'étendent désormais sur sept ans comme en Virginie du Nord, l'accélération du time-to-power est devenu un avantage compétitif décisif.

Les hyperscalers déploient des systèmes BESS bien au-delà de ce que nécessite un simple dispositif d'alimentation de secours, intégrant des capacités mesurées en dizaines ou centaines de mégawatts, transformant ainsi les data centers de simples consommateurs en actifs dispatchables capables de fournir des services réseau à haute valeur ajoutée.

Perspectives : entre opportunité structurelle et risques de concentration

Les fondamentaux de long terme plaident clairement pour une adoption accélérée des BESS en environnement data center. L'Europe est identifiée comme en avance sur ce sujet, notamment dans les pays à forte pénétration des énergies renouvelables comme l'Espagne. Deux points de vigilance méritent néanmoins attention. D'une part, la chimie lithium-ion LFP, aujourd'hui dominante, reste exposée à une forte concentration géographique de la chaîne d'approvisionnement. D'autre part, les revenus des opérateurs BESS ont subi une contraction significative depuis 2023 sur les marchés spot américains (jusqu'à environ -84% sur ERCOT au Texas) rappelant que la rentabilité des BESS dépend fortement des conditions de marché et de l’optimisation opérationnelle, et pas seulement de la capacité installée.


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Alors que nous sortons d'une année 2025 marquée par une chute sans précédent du nombre d’introductions en Bourse en France, et que nous observons un relatif retour en grâce des petites capitalisations depuis le début de l'année 2026, un chamboulement majeur s’apprête à secouer Wall Street. Le 29 mars 2026, l'annonce est tombée : SpaceX, le fleuron spatial d'Elon Musk, a annoncé son projet d’une introduction en Bourse (cf. SpaceX sur la rampe de lancement pour une introduction en Bourse monstrueuse | Les Echos) qui promet d'être hors normes à tous points de vues.

Des montants vertigineux

Les montants évoqués ont de quoi donner le tournis à n'importe quel analyste chevronné : Elon Musk prévoit de lever entre 40 et 80 milliards de dollars. À titre de comparaison, cela pulvériserait le record historique détenu par Saudi Aramco et ses 29 milliards collectés en 2019. La valorisation cible, flirtant avec les 1 750 milliards de dollars, placerait d'emblée la société dans le club très fermé des titans mondiaux dont les capitalisations boursières dépassent les mille milliards d’e dollars.

Au-delà de sa démesure, le timing annoncé de cette introduction constitue également une composante essentielle de l’opération. SpaceX choisit de se coter en juin 2026, profitant d’un regain de visibilité macroéconomique mondiale. Pour son dirigeant, il ne s'agit pas d'un besoin de trésorerie désespéré — SpaceX est le leader de son secteur avec 165 lancements réalisés en 2025 — mais d'un acte de puissance stratégique.

La revanche des particuliers sur les institutionnels

C’est sans doute ici que l’approche d’Elon Musk entre le plus frontalement en collision avec les usages établis du monde feutré de la banque d’affaires. Traditionnellement, pour sécuriser une IPO, les banques garantes s’appuient sur les investisseurs institutionnels, ne réservant qu'une portion congrue (souvent entre 5 et 10 %) aux particuliers. SpaceX elle, veut briser ce dogme en visant une allocation de 30 % pour les investisseurs individuels.

Ce choix n’est pas anodin. Elon Musk a toujours entretenu une relation privilégiée avec ses actionnaires individuels, qui l’adulent et se nt souvent moins critiques sur les questions de gouvernance ou de rémunération que les grands fonds institutionnels. En s’appuyant sur cette base de fans, SpaceX transforme son introduction en un véritable plébiscite populaire, où le roadshow classique — ces présentations PowerPoint monotones dans des salles de conférence anonymes — est remplacé par des visites d’usines et des lancements de fusées. C'est une révolution de la communication financière : l'émotion et l'adhésion au projet priment sur l’aridité des ratios

Liquidité et innovation : vers la fin du lock-up ?

L’un des freins majeurs à l’investissement dans les sociétés pré-IPO est souvent matérialisé par la période dite de « lock-up », ce mécanisme interdisant aux actionnaires historiques de vendre leurs titres pendant plusieurs mois après la cotation. Ici encore, SpaceX innove en cherchant à réduire cette période de blocage.

Cette flexibilité accrue vise à stimuler la liquidité dès les premiers jours de négociations suivant l’introduction en bourse. En facilitant la rotation du capital, Elon Musk espère éviter l’écueil de certaines introductions récentes où le cours s’est effondré dès que le lockup arrive à son échéance. C'est une vision de la Bourse plus fluide, plus proche du marché secondaire, qui pourrait bien inspirer d'autres émetteurs à l'avenir.

Un conglomérat technologique déguisé en transporteur spatial

Si SpaceX séduit autant, c’est qu’elle n’est plus seulement une société de fusées. Elle est devenue une infrastructure fondamentale. Son réseau satellitaire Starlink s’impose déjà dans de nombreux pays, et l’intégration de xAI, la start-up d’intelligence artificielle d’Elon Musk, pour construire des data centers spatiaux, ajoute une couche technologique irrésistible pour les investisseurs.

Contrairement à la vague d'entreprises de la tech de 2021, fortement valorisées sans avoir atteint la profitabilité, SpaceX dispose d'actifs tangibles et d'une avance technologique qui semble insurmontable. C'est cette maturité qui lui permet aujourd'hui d'imposer ses conditions aux places de marché, Elon Musk exigeant même une entrée accélérée dans les fonds indiciels comme le Nasdaq 100, forçant ainsi les gestionnaires de fonds à se positionner immédiatement sur le titre.

La Bourse comme accélérateur de souveraineté

L'aventure SpaceX nous rappelle que la Bourse, lorsqu'elle est utilisée avec audace, n'est pas seulement un outil de financement, mais un véritable levier de souveraineté et de visibilité mondiale. En bousculant les codes du roadshow, de l'allocation aux particuliers et de la liquidité, Elon Musk prouve que l'attractivité d'un marché dépend autant de la qualité de l'émetteur que de la souplesse des règles qui l'encadrent.

Si l’année 2025 a été celle de la purge et de la sélection naturelle, 2026 s’annonce peut-être comme l’année du retour des giga-IPO. La réussite de SpaceX sera un test crucial pour l'ensemble de l'écosystème financier mondial et sa capacité à réconcilier le grand public avec les grandes manœuvres en bourse pourrait entrainer la réinvention totale de l'exercice de l'IPO.


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💡 À retenir cette semaine

Semaine dense, en France portée par la saison des résultats annuels et l’IPO de Ieva sur Euronext Growth. Aux US, les indices restent quasi stables (S&P ‑0,3%, Nasdaq ‑0,7%) malgré un rebond lié à l’apaisement géopolitique, tandis que le Brent reste au‑dessus des 100$. En France, le CAC (+1,4%) et les small mid (+2,6%) terminent nettement dans le vert.

TOP valeurs de la semaine

💊 Cegedim (+24%)

Cegedim surprend agréablement le marché avec une publication de résultats annuel solide : chiffre d’affaires à 153M€ (+22%) et ROC en forte accélération à 49,4M€ (+25%). Mais la vraie performance est ailleurs : un désendettement massif, l’endettement net tombant à 138M€ (‑25%). Le management vise pour 2026 une croissance supérieure de 2% à 2025, avec une rentabilité en progression. Malgré ce tableau robuste, le titre reste en retrait de -22% YTD, encore lesté par l’impact de la cyberattaque de février.

🧠Equasens (+16%)

Equasens délivre des résultats annuels 2025 solides, confirmant l’amélioration progressive de ses performances en 2025. Le ROC grimpe de 7% à 48,2M€, pour un chiffre d’affaires déjà connu à 236,5M€ (+9,1%), portant la marge à un robuste 20,4%. Le marché apprécie ce signal de normalisation, d’autant que le titre sort tout juste d’un violent sell‑off sectoriel en début d’année. Le groupe rappelle avoir fortement investi dans l’IA pour enrichir ses logiciels métiers, un axe clé qu’il entend accélérer en 2026 via de nouvelles fonctionnalités et un modèle SaaS renforcé.

🚗Delfingen (+11%)

Delfingen, qui fabrique les gaines et protections entourant les câblages automobiles (le genre de pièces invisibles mais indispensables), a surpris le marché avec des résultats largement supérieurs aux attentes. Certes, le chiffre d’affaires 2025 recule à 400,3M€ (‑5,5%), mais le ROC ressort à 30M€ (cons. 28,4M€), et la marge remonte à 7,5% (+190 bps). Le FCF solide (27,2M€) apporte un vrai bol d’air. Pour 2026, le management reste prudent, contexte géopolitique oblige.

FLOP valeurs de la semaine

🔧Solutions30 (-24%)

Solutions30 signe une publication 2025 qui peine à convaincre, avec un chiffre d’affaires en recul à 892,4M€ (‑5,4% à périmètre comparable). L’EBITDA ajusté décroche de 12,7% sur l’année, tandis que le free cash flow retombe à 15M€, loin des 40,2M€ de 2024. Avec une valorisation autour de 60M€, le titre ne se paie plus que 4x les FCF, un multiple qui reflète autant le potentiel de recovery… que la défiance persistante du marché.

🌿Hoffmann Green Cement Technologies (-9%)

Hoffmann publie une activité en nette progression, avec un chiffre d’affaires de 16,8M€ en hausse de 27%. Mais derrière cette dynamique commerciale, les pertes continuent de se creuser. Le ROC plonge à ‑13,2M€ (vs ‑4,9M€ en 2024) et la perte nette s’alourdit à ‑14,8M€ (vs ‑5M€). Le groupe confirme pourtant son objectif ambitieux de 100 000 tonnes en 2026, mais le marché retient surtout la dérive des résultats. Une croissance qui avance… mais une rentabilité qui recule encore plus vite.

💡LightOn (-5%)

LightOn publie des résultats 2025 qui peinent à rassurer : si le chiffre d’affaires atteint 1,7M€ (+54%), la dynamique reste éclipsée par l’aggravation des pertes. Le REX se creuse à ‑7,7M€ (vs‑5,1M€) et le RN suit la même trajectoire à ‑7,4M€ (vs ‑4,8M€). Le management réaffirme pourtant un passage à la rentabilité en 2026, mais le titre évolue dans une spirale négative, où chaque publication entretient le doute. YTD, l’action tient encore, mais avec une volatilité marquée entre 5€ et 6,4€, signe d’un marché loin d’être convaincu.


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L’année 2025 s’inscrit dans la continuité d’un mouvement amorcé depuis 2023 : celui d’un marché du private equity en phase de normalisation après plusieurs années d’activité exceptionnelle. Si les niveaux d’investissement restent élevés, le segment des smallcaps parait plus fragile.

Avec près de 29 Md€ investis en France en 2025 (données France Invest/Grant Thorton) , le capital-investissement démontre une résilience certaine. Les levées de fonds, à 37 Md€, confirment également que la classe d’actifs conserve l’intérêt des investisseurs, malgré un environnement macroéconomique encore incertain. À première vue, le marché semble donc solide.

Mais cette lecture masque une réalité plus structurante : le véritable point de tension s’est déplacé vers les sorties.

Le nombre de cessions recule d’environ 9% sur l’année, et surtout, le stock d’entreprises en portefeuille atteint un niveau record, avec plus de 6 800 participations détenues par les fonds. Cette accumulation traduit un ralentissement significatif de la liquidité. Les conditions de marché, écarts de valorisation persistants, coût du financement, sélectivité accrue des acquéreurs, compliquent les processus de cession et conduisent de nombreux fonds à différer leurs arbitrages.

Ce phénomène n’est pas uniforme, mais il est particulièrement marqué sur le segment des small caps. Moins liquides par nature, plus sensibles aux conditions de financement et disposant d’un univers d’acquéreurs plus restreint, ces sociétés se retrouvent au cœur des tensions actuelles. Les opérations de taille intermédiaire ou importante continuent de se réaliser.

Dans ce contexte, les fonds adaptent leurs stratégies avec des solutions  telles que: fonds de continuation, opérations secondaires, refinancements ou cessions partielles. Ces mécanismes permettent de gérer le temps long et d’apporter une forme de liquidité intermédiaire, mais ils ne constituent pas, à proprement parler, des sorties complètes.

Ces difficultés de sortie peuvent avoir un impact positif sur le marché des IPO et relancer les projets d’introduction en bourse et C’est dans ce cadre que la question du marché actions revient progressivement au centre des réflexions.

Après plusieurs années de quasi-fermeture, le marché des introductions en Bourse montre des signes de stabilisation. Sans parler de véritable reprise à ce stade, la fenêtre IPO se rouvre de manière progressive, portée à la fois par un environnement de marché un peu plus lisible et par des initiatives de place visant à en améliorer le fonctionnement.

En France et en Europe, plusieurs évolutions récentes vont dans ce sens : simplification du cadre réglementaire, travaux autour du Listing Act européen, initiatives d’Euronext pour accompagner les émetteurs, ou encore volonté affichée de réorienter l’épargne vers les actions, notamment sur les segments de croissance. Par ailleurs, l’initiative de place de la CDC avec le déploiement de 500 M€ sur les Smallcaps cotés en bourse et le lancement du fonds Bluespring de la BPI doté de 200 M€ sont des signaux très positifs pour le marché des Smallcaps cotés.


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Streamwide

Streamwide est un éditeur français de logiciels actif depuis plus de vingt ans dans les communications critiques. Le groupe développe des solutions sécurisées de communication en temps réel intégrant voix, vidéo, messagerie et géolocalisation, principalement à destination des acteurs de la sécurité publique (pompiers, gendarmes), de la défense et, plus marginalement, des entreprises. Son positionnement s’inscrit dans une transformation structurelle du secteur, marquée par la migration progressive des réseaux radio professionnels traditionnels vers les infrastructures cellulaires 4G et 5G.

La crédibilité technologique du groupe a été fortement renforcée lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, où sa plateforme a été utilisée par plus de 27 000 agents avec plusieurs millions d’échanges, sans interruption de service. Cette démonstration à grande échelle constitue un point d’inflexion, validant la capacité de la technologie à remplacer les anciens systèmes de communication utilisés par les forces de sécurité dans des conditions réelles. Dans ce contexte, la sélection par AT&T en 2025 pour équiper le réseau FirstNet représente une avancée stratégique majeure. Ce réseau national, dédié aux services d’urgence américains, couvre plus de 30 000 organisations. Le contrat, structuré sous forme d’abonnement, a généré 1,4 M€ de revenus récurrents dès 2025 et ouvre un potentiel de marché estimé autour de 100 M€ à terme. L’annonce d’un premier contrat aux Philippines début 2026 confirme par ailleurs la capacité du groupe à s’étendre au-delà de ses marchés historiques, en s’appuyant sur ces références.

Les résultats 2025 traduisent une accélération nette de la trajectoire. Le chiffre d’affaires atteint 26,3 M€, en progression de 25% par rapport à 2024, porté par la dynamique des plateformes et le démarrage du projet FirstNet. La rentabilité reste élevée avec un EBITDA de 15,7 M€, soit une marge de 60%, et un résultat net de 6,3 M€ en croissance de 33% reflétant l’action du levier opérationnel. La part des revenus récurrents progresse rapidement, en particulier les abonnements qui atteignent 1,9 M€ après une croissance de 285%, améliorant la visibilité future. L’Amérique du Nord devient un moteur de croissance, représentant désormais 28% du chiffre d’affaires contre 9% un an plus tôt, tandis que l’international atteint 39% du total.

La structure financière est solide, avec une trésorerie nette positive de 13,9 M€, en hausse de 7,1 M€ sur l’exercice, permettant de soutenir un effort d’investissement significatif. Les dépenses de R&D atteignent 10,7 M€ et les investissements en infrastructure 3,8 M€, en lien direct avec la préparation du déploiement à grande échelle des solutions sur FirstNet. Ces investissements, bien que pesant à court terme, positionnent le groupe pour une montée en puissance du modèle récurrent à horizon 2026 et 2027.

Dans ce contexte, Streamwide apparaît comme un acteur bien positionné sur un cycle technologique porteur, avec une validation opérationnelle de premier plan et un levier de croissance significatif aux États-Unis susceptible de changer de dimension à moyen terme. À ce jour, la valorisation du groupe reste élevée avec un multiple EV/EBITDA FY1 de 12,7x contre 9,7x pour notre échantillon de comparables. Toutefois, la marge d’EBITDA 2025 de Streamwide (58,7%) reste largement supérieure à la moyenne de l’échantillon qui s’établit à 20,5%.


"La présente newsletter a été préparée par EuroLand Corporate indépendamment des sociétés mentionnées et est diffusée à titre purement informatif.  Cette newsletter ne constitue ni ne fait partie d'aucune offre de cession ou de souscription de titres ni d'aucune invitation à une offre d'achat ou de souscription de titres. Ni la présente newsletter, ni une quelconque partie de cette newsletter, ne constitue le fondement d'un quelconque contrat ou engagement, et ne doit être utilisé à l'appui d'un tel contrat ou engagement ou constituer une incitation pour conclure un tel contrat ou engagement."

💡 À retenir cette semaine

Cette semaine, la volatilité est repartie à la hausse et les indices ont évolué sans certitude. Le CAC 40 recule de -1,9% tandis que son homologue américain, le S&P 500, cède -0,3%. Dans son sillage, le Nasdaq abandonne également -1,3%. Le CAC Mid & Small a quant à lui beaucoup souffert, avec un recul de -3,4%. 

TOP valeurs de la semaine

🛢️ Française de l'Energie (+31%)

La semaine de FDE s'est jouée en deux temps. D'abord, lundi, une annonce qui n'est pas passée inaperçue : le forage PTH-2, à plus de 3 600 mètres de profondeur — le plus profond au monde dédié à l'hydrogène naturel — a confirmé des occurrences importantes dans le sous-sol lorrain. Une première mondiale, revendique FDE. Mardi soir, malgré un environnement de prix de l'énergie moins favorable qu'au S1 2025, les résultats semestriels confirment la trajectoire : un chiffre d'affaires de 14,2 M€, en hausse de 16,5%, pour un EBITDA de 6 M€. Les investissements sont en forte accélération, avec 28 M€ engagés sur le semestre contre 10 M€ un an plus tôt. Le groupe continue de changer de dimension. 

🍷 Ateme (+27%)

Résultats annuels 2025 réussis pour Ateme. L'EBITDA est ressorti à 9,2 M€ — un plus haut historique pour le groupe — contre 1,1 M€ un an plus tôt, le tout sur un chiffre d'affaires de 95,6 M€, stable mais avec un Q4 en accélération de +8%. Le dossier avait été porté début mars par un accord pluriannuel avec Netflix pour le déploiement de sa solution TITAN sur les événements vidéo en direct, suivi de la validation par YouTube Live. Deux tampons de qualité qui valident le positionnement technologique du groupe dans la compression vidéo haut de gamme. 

📢 Gaumont (+16%)

Gaumont, c'est 130 ans d'histoire du cinéma français, une famille — les Seydoux — au capital depuis toujours, et un dossier boursier qui végétait en silence depuis des années. Cette semaine, le titre s'est envolé de près de 16% après la désignation d'un expert indépendant, préalable réglementaire à l'offre publique de retrait imposée par l'AMF à la famille Seydoux et Ciné Par. Le signal est clair pour le marché : la procédure avance, le prix de sortie se rapproche. Les résultats 2025 publiés la semaine précédente montraient un chiffre d'affaires stable à 150,3 M€, avec un beau succès en salles — 5 millions d'entrées pour huit films. 

FLOP valeurs de la semaine

🔎 Valneva(-41%)

C'était le grand catalyseur attendu. Il a déçu. Lundi 23 mars, Valneva et son partenaire Pfizer ont publié les résultats de phase III de leur vaccin contre la maladie de Lyme — le projet VALOR. Mauvaise nouvelle : le critère principal d'évaluation n'a pas été atteint dans la première analyse, l'efficacité ressortant à 15,8% contre un seuil minimal requis de 20%. Le titre s'est effondré de près de 40%, suspendu à la cotation avant même la fin de séance. Une deuxième analyse planifiée a, elle, atteint l'objectif — et Pfizer maintient sa confiance dans le potentiel du vaccin — mais le marché n'a pas fait dans la dentelle.  

🖥️ Maisons du monde (-15%) 

Quatre années consécutives de recul des ventes. Une suspension des objectifs de cash-flow. Un cours passé de plus de 20 € à moins de 2 € en quatre ans. Maisons du Monde est l'archétype de la descente aux enfers, lesté par un marché de l'ameublement sous pression, un réseau de magasins trop dense à transformer, et une dette qui laisse peu de marge de manœuvre. La semaine n'a pas apporté de nouveau catalyseur, mais le marché continue de vendre. 

🛒Soitec (-13%)

Soitec incarne mieux que personne les montagnes russes des semi-conducteurs. Après avoir perdu plus de 80% de sa valeur depuis ses sommets au-dessus de 200 €, le titre a commencé à rebondir ces dernières semaines sur fond de renouvellement du partenariat avec le chinois NSIG et d'espoirs de reprise du cycle RF-SOI. Mais la semaine se termine en consolidation, le marché digérant un parcours qui reste semé d'embûches : un CA T3 en baisse de 29%, l'abandon de tout objectif de moyen terme, et une division automobile toujours sinistrée.


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Depuis fin 2022, l’intelligence artificielle s’est imposée comme l’un des grands thèmes structurants de la tech mondiale. Des outils comme ChatGPT, Claude ou Gemini ont profondément transformé les usages, en rendant accessibles au grand public des capacités autrefois réservées à la recherche. Cette révolution repose sur une même brique technologique, les grands modèles de langage, qui ont concentré l’essentiel des investissements ces dernières années.

Pourtant, à mesure que leur adoption progresse, un débat s’installe sur leurs limites structurelles et sur la trajectoire à long terme de cette technologie.

Une puissance impressionnante, mais de plus en plus coûteuse

Les LLM ont démontré une efficacité remarquable pour produire du texte, écrire du code ou synthétiser de l’information, grâce à une approche consistant à analyser des volumes massifs de données afin d’anticiper la suite la plus probable d’une phrase. Ce fonctionnement, qui peut paraître simple dans son principe, nécessite en réalité des moyens considérables.

L’entraînement de ces modèles mobilise des infrastructures gigantesques et une puissance de calcul en constante augmentation, au point que certains acteurs envisagent des investissements dépassant 1 000 milliards de dollars sur plusieurs années. Cette intensité capitalistique, rarement observée dans l’histoire de la tech, pose inévitablement la question de la rentabilité à terme, d’autant qu’elle s’accompagne d’une consommation énergétique en forte hausse.

Dans ce contexte, chaque gain de performance devient plus difficile à obtenir, car il repose sur des ressources toujours plus importantes pour des améliorations de plus en plus marginales.

Des limites techniques qui apparaissent progressivement

Au-delà de ces contraintes économiques, les limites intrinsèques des LLM deviennent plus visibles à mesure que les usages se généralisent. Ces modèles excellent dans la manipulation du langage, mais restent fondamentalement probabilistes, ce qui signifie qu’ils ne disposent pas d’une véritable compréhension du monde réel.

Cette absence de représentation concrète se traduit par des erreurs, des incohérences ou des réponses parfois peu fiables dans des situations complexes, en particulier lorsqu’il s’agit de raisonner ou d’anticiper des enchaînements d’événements.

Par ailleurs, plusieurs travaux récents suggèrent que les progrès ralentissent, car l’augmentation du nombre de paramètres ou de données n’entraîne plus les gains spectaculaires observés lors des premières générations de modèles. L’industrie se heurte ainsi à une forme de plafond technologique qui pousse à repenser les approches actuelles.

Le retour de modèles plus efficaces et mieux ciblés

Face à ces contraintes, les entreprises s’orientent progressivement vers des modèles plus compacts et spécialisés. Les SLM, ou small language models, répondent à cette logique en étant entraînés sur des données spécifiques, avec des besoins en calcul plus faibles.

Cette approche permet non seulement de réduire les coûts, mais aussi d’améliorer la fiabilité sur des cas d’usage précis, notamment dans des environnements où la confidentialité des données est un enjeu central. En parallèle, certaines équipes travaillent sur des architectures hybrides, combinant les capacités d’apprentissage statistique avec des règles logiques plus strictes, afin de sécuriser les résultats dans des secteurs sensibles comme la finance ou la santé.

Les “world models”, une nouvelle frontière

Dans ce paysage en mutation, une approche plus radicale émerge avec les “world models”, défendus notamment par Yann LeCun. L’ambition est de dépasser la simple manipulation du langage pour construire des modèles capables de représenter le monde réel dans toute sa complexité.

Contrairement aux LLM, ces systèmes s’appuient sur des données multimodales, intégrant images, sons et vidéos, afin de comprendre les interactions physiques et d’anticiper les conséquences d’une action. L’objectif n’est plus seulement de prédire, mais de simuler, ce qui rapproche davantage ces modèles du fonctionnement humain.

L’intérêt croissant pour cette approche se matérialise déjà par des investissements significatifs, comme en témoigne la levée de plus d’un milliard de dollars de la start-up AMI, fondée par Yann LeCun, qui entend ouvrir une nouvelle phase dans le développement de l’intelligence artificielle.

Une évolution progressive plutôt qu’un basculement brutal

Pour autant, il serait excessif de considérer que les LLM sont déjà dépassés. Leur adoption reste encore partielle dans de nombreuses entreprises, et leur potentiel économique demeure important à court terme, en particulier pour les usages liés au traitement du langage.

Nous assistons davantage à une phase de transition, au cours de laquelle les LLM devraient continuer à jouer un rôle central tout en s’intégrant progressivement dans des systèmes plus complexes et complémentaires.

Dans cette perspective, l’enjeu pour les acteurs du secteur ne réside plus uniquement dans la taille des modèles ou dans la quantité de données mobilisées, mais dans la capacité à concevoir de nouvelles architectures capables de mieux appréhender le réel.

Pour les investisseurs comme pour les entreprises, cette évolution impose une lecture plus nuancée du marché, car la prochaine rupture pourrait ne pas venir d’un modèle plus puissant, mais d’une manière différente de penser l’intelligence artificielle.


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Dans les présentations investisseurs, on parle volontiers de modèle économique, de marché adressable, de génération de cash, de marges, de barrières à l’entrée. On y montre des courbes, des objectifs, des relais de croissance. On y aligne des chiffres. Pourtant, derrière cette architecture rationnelle, une vérité plus simple s’impose souvent. Le marché n’achète pas seulement une entreprise. Il achète aussi une manière de la raconter, de l’incarner, de la projeter.

Et, dans cette mise en récit, le dirigeant occupe une place singulière. Il n’est pas un élément parmi d’autres. Il devient souvent le point de condensation de l’equity story, son visage, sa voix, parfois même sa promesse implicite. Chez Apple, Steve Jobs fut longtemps bien davantage qu’un patron : un ambassadeur de l’univers de la marque, dont la personnalité a été considérée comme un facteur majeur de son succès. Chez Tesla, Elon Musk demeure à ce point central que la société indique elle-même dans son rapport annuel être « hautement dépendante » de ses services, tout en rappelant qu’il partage son temps entre plusieurs autres entreprises. Chez LVMH, Bernard Arnault incarne depuis 1989 une vision claire de long terme, au point que le groupe lui-même présente cette continuité stratégique comme un élément structurant de son identité. NVIDIA, de son côté, reste intimement associée à Jensen Huang, fondateur et dirigeant dont la parole donne encore aujourd’hui le rythme du récit technologique du groupe.

1. L’incarnation, ou la prime accordée à la vision

Une equity story ne repose jamais uniquement sur des données. Elle repose aussi sur un effort de cohérence. Il faut rendre l’entreprise lisible, lui donner une direction, une logique, un cap. Or le dirigeant joue ici un rôle irremplaçable. Il relie les chiffres à une intention. Il transforme une stratégie en trajectoire. Il donne un visage à l’abstraction.

Le marché, au fond, aime les entreprises qu’il peut personnifier. C’est une vieille loi de la finance comme de la politique : une vision s’écoute mieux lorsqu’elle s’incarne. Steve Jobs n’a pas seulement vendu des ordinateurs, des téléphones ou du design. Il a imposé une certaine idée du progrès, sobre, obsessionnelle, presque esthétique. Bernard Arnault n’est pas simplement le dirigeant d’un conglomérat ; il est, dans l’imaginaire du marché, le garant d’une discipline, d’un goût de l’actif rare et d’une certaine idée du luxe. Jensen Huang ne se contente pas de commenter des performances trimestrielles : il personnifie la bascule du monde vers l’intelligence artificielle.

Cette incarnation produit une prime. Elle rassure d’abord, car elle donne le sentiment qu’un esprit ordonne la complexité. Elle séduit ensuite, car elle permet de raconter l’entreprise comme une aventure plutôt que comme une simple somme d’indicateurs. Elle valorise enfin, parce qu’une vision crédible réduit une partie de l’incertitude. Un marché est toujours plus généreux avec ce qu’il croit comprendre.

Dès lors, le dirigeant devient plus qu’un exécutant. Il devient un actif narratif. Et parfois, un actif stratégique au sens plein du terme.

2. Quand le récit se confond avec l’homme

Mais toute incarnation porte en elle une tentation : celle de l’excès. Car à mesure que le dirigeant devient central, l’equity story peut cesser d’être celle de l’entreprise pour devenir celle d’une personnalité. Le glissement est subtil, mais décisif.

À ce stade, le marché ne valorise plus seulement une organisation, un savoir-faire ou des positions concurrentielles. Il valorise une présence. Une énergie. Un tempérament. Une capacité de captation médiatique. Autrement dit, quelque chose de beaucoup moins transmissible qu’un bilan ou qu’un avantage industriel.

C’est là que commence le risque. Car ce qui fait la force du dirigeant-incarnation peut très vite devenir un facteur de dépendance. Tesla le reconnaît explicitement : sa dépendance à Elon Musk constitue un enjeu en soi, d’autant que celui-ci ne consacre pas l’intégralité de son temps à l’entreprise. L’exemple est fascinant parce qu’il montre les deux faces d’une même pièce. Musk a considérablement renforcé la puissance symbolique de Tesla ; mais cette puissance s’accompagne d’une concentration du récit qui expose l’entreprise aux mouvements, aux distractions, aux prises de position et aux controverses d’un seul homme.

Le dirigeant peut alors devenir à la fois l’actif principal de l’equity story… et son principal risque. Ce n’est plus seulement l’entreprise qui doit exécuter. C’est aussi l’homme qui doit rester à la hauteur du personnage que le marché a fabriqué avec lui.

Le problème est structurel. Plus une société s’appuie sur une forte incarnation, plus elle crée une prime de leadership ; mais plus elle accroît, en miroir, son risque de personne-clé.

3. Une grande equity story doit survivre à son fondateur

C’est peut-être là le véritable critère de maturité d’une equity story : non pas sa capacité à séduire dans le présent, mais sa capacité à survivre à celui qui l’a rendue désirable.

Une entreprise peut naître d’un fondateur, se transformer sous l’effet de son tempérament, se valoriser grâce à sa parole. Mais si son récit ne peut lui survivre, alors elle n’a pas construit une equity story ; elle a construit une dépendance.

Le grand enjeu n’est donc pas d’effacer le dirigeant. Il serait absurde de nier son rôle. Le marché a besoin de voix fortes, de cap, d’incarnation, surtout dans des univers saturés de messages standardisés. Le véritable enjeu consiste à transformer une vision personnelle en architecture collective. À faire en sorte que le dirigeant ne soit pas seulement la source du récit, mais son passeur. Qu’il donne à l’entreprise un style, une colonne vertébrale, une grammaire stratégique qui demeurent au-delà de lui.

Autrement dit, une equity story solide ne doit pas seulement reposer sur un homme capable de convaincre. Elle doit reposer sur une entreprise capable de continuer à être crédible lorsqu’il se retire, se trompe, s’efface ou déçoit.

C’est ici que l’on distingue les récits spectaculaires des récits durables.

Une grande equity story commence souvent par une incarnation. Mais elle ne devient pleinement crédible que lorsqu’elle parvient à dépasser celui qui l’a portée.

Car, en Bourse comme ailleurs, les figures marquent les esprits. Ce sont les institutions qui traversent le temps.


EuroLand Corporate, premier Listing Sponsor du marché Euronext Growth Paris, accompagne plus de 60 sociétés cotées, dont 39 en qualité de Listing Sponsor, dans leur stratégie de structuration et d’optimisation de leur communication financière.

Basic Fit

Les plus sportifs d’entre vous connaissent forcément cette chaîne de salles de fitness néerlandaise à la stratégie marketing bien ficelée. Même ceux qui ont arrêté le sport après le BAC ont probablement dû croiser un des 4 millions de sacs à dos orange en Europe, visibles dans les gares, les aéroports et sur le dos des étudiants. Plongeons aujourd’hui dans le cas d’investissement de Basic-Fit.

Une croissance explosive

Basic-Fit, c'est l'histoire d'une idée simple portée très loin. Fondée aux Pays-Bas, la société a bâti son modèle sur un concept radical : une salle propre, bien équipée, pour 20-25€ par mois. Ce positionnement low-cost a d'abord conquis le Benelux, où Basic-Fit détient aujourd'hui plus de 60% de parts de marché en Belgique et entre 25 et 35% aux Pays-Bas. Puis est venu la France, l'Espagne, et depuis fin 2025 l'Allemagne via l'acquisition de la chaîne Clever Fit.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. De quelques centaines de clubs à l'introduction en bourse en 2016, Basic-Fit en comptait 1 716 à fin 2025, pour près de 4,8 millions de membres. Le chiffre d'affaires a plus que triplé en cinq ans pour atteindre 1,42 milliard d'euros. Une trajectoire impressionnante, et ce n'est pas terminé.

Le vrai tournant : la machine à cash s'éveille

Cette croissance remarquable n’a pourtant pas été récompensée en Bourse. En mars 2025, la société se traitait sur ses niveaux d’introduction en Bourse, autour de 17 euros. Pourquoi ?

Pendant des années, Basic-Fit a été perçu par le marché comme un gouffre financier : le groupe souhaitant absolument détenir toutes ses salles en propre, la croissance était extrêmement gourmande en dette et les flux de trésorerie systématiquement négatifs. L’ouverture d’un club nécessite plus d’un million d’euros d’investissement et met presque deux ans à être rentabilisée.

Mais le modèle est en train de basculer.

La société a pris une double décision forte : 1) ralentir le rythme d’ouverture de clubs à une centaine par an (contre 150-200 dans le passé) 2) développer un système de franchises, sur un modèle beaucoup moins gourmand en capital.

Et cela fonctionne. Au second semestre 2025, Basic-Fit a dégagé 80 millions d'euros de free cash flow, affichant un FCF annuel positif de 19 millions d'euros pour la première fois depuis des années.

Les clubs existants, arrivés à maturité, génèrent beaucoup de trésorerie qui est moins diluée par l’ouverture de nouveaux clubs que dans le passé.

Et ce n'est que le début. Pour 2026, le management prévoit une croissance de l'EBITDA de 16 à 28 %. Un catalyseur supplémentaire pourrait venir de France, où Basic-Fit supporte encore environ 35 millions d'euros de coûts liés à l'obligation d'avoir du personnel pour les horaires 24h/24. Si les autorités françaises autorisent les salles sans personnel, décision attendue très prochainement, ces coûts s'évaporeraient quasiment du jour au lendemain.

La qualité intrinsèque du modèle s'est aussi sensiblement améliorée. La durée moyenne de rétention d'un membre est passée de 15 mois à l'époque de l'IPO à 25 mois aujourd'hui, soit le double de la moyenne sectorielle. Moins de churn, c'est moins de dépenses marketing pour recruter, et davantage de revenus récurrents.

Malgré le bon parcours des 12 derniers mois, au cours actuel d'environ 30 euros, le marché continue de percevoir Basic-Fit comme une société endettée et peu rentable. Alors même que la génération de trésorerie devrait dépasser les 220 millions d’euros en 2027, pour une capitalisation inférieure à 2 milliards d’euros.

C'est précisément ce décalage entre perception et réalité qui constitue l'opportunité. La transformation est en cours, les preuves s'accumulent, et l'histoire commence à peine à être comprise.

Chez Erasmus AM, nous sommes actionnaires de Basic-Fit et nous suivons l'évolution de la thèse avec conviction.


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