Basic Fit

Les plus sportifs d’entre vous connaissent forcément cette chaîne de salles de fitness néerlandaise à la stratégie marketing bien ficelée. Même ceux qui ont arrêté le sport après le BAC ont probablement dû croiser un des 4 millions de sacs à dos orange en Europe, visibles dans les gares, les aéroports et sur le dos des étudiants. Plongeons aujourd’hui dans le cas d’investissement de Basic-Fit.
Une croissance explosive
Basic-Fit, c'est l'histoire d'une idée simple portée très loin. Fondée aux Pays-Bas, la société a bâti son modèle sur un concept radical : une salle propre, bien équipée, pour 20-25€ par mois. Ce positionnement low-cost a d'abord conquis le Benelux, où Basic-Fit détient aujourd'hui plus de 60% de parts de marché en Belgique et entre 25 et 35% aux Pays-Bas. Puis est venu la France, l'Espagne, et depuis fin 2025 l'Allemagne via l'acquisition de la chaîne Clever Fit.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. De quelques centaines de clubs à l'introduction en bourse en 2016, Basic-Fit en comptait 1 716 à fin 2025, pour près de 4,8 millions de membres. Le chiffre d'affaires a plus que triplé en cinq ans pour atteindre 1,42 milliard d'euros. Une trajectoire impressionnante, et ce n'est pas terminé.
Le vrai tournant : la machine à cash s'éveille
Cette croissance remarquable n’a pourtant pas été récompensée en Bourse. En mars 2025, la société se traitait sur ses niveaux d’introduction en Bourse, autour de 17 euros. Pourquoi ?
Pendant des années, Basic-Fit a été perçu par le marché comme un gouffre financier : le groupe souhaitant absolument détenir toutes ses salles en propre, la croissance était extrêmement gourmande en dette et les flux de trésorerie systématiquement négatifs. L’ouverture d’un club nécessite plus d’un million d’euros d’investissement et met presque deux ans à être rentabilisée.
Mais le modèle est en train de basculer.
La société a pris une double décision forte : 1) ralentir le rythme d’ouverture de clubs à une centaine par an (contre 150-200 dans le passé) 2) développer un système de franchises, sur un modèle beaucoup moins gourmand en capital.
Et cela fonctionne. Au second semestre 2025, Basic-Fit a dégagé 80 millions d'euros de free cash flow, affichant un FCF annuel positif de 19 millions d'euros pour la première fois depuis des années.
Les clubs existants, arrivés à maturité, génèrent beaucoup de trésorerie qui est moins diluée par l’ouverture de nouveaux clubs que dans le passé.
Et ce n'est que le début. Pour 2026, le management prévoit une croissance de l'EBITDA de 16 à 28 %. Un catalyseur supplémentaire pourrait venir de France, où Basic-Fit supporte encore environ 35 millions d'euros de coûts liés à l'obligation d'avoir du personnel pour les horaires 24h/24. Si les autorités françaises autorisent les salles sans personnel, décision attendue très prochainement, ces coûts s'évaporeraient quasiment du jour au lendemain.
La qualité intrinsèque du modèle s'est aussi sensiblement améliorée. La durée moyenne de rétention d'un membre est passée de 15 mois à l'époque de l'IPO à 25 mois aujourd'hui, soit le double de la moyenne sectorielle. Moins de churn, c'est moins de dépenses marketing pour recruter, et davantage de revenus récurrents.
Malgré le bon parcours des 12 derniers mois, au cours actuel d'environ 30 euros, le marché continue de percevoir Basic-Fit comme une société endettée et peu rentable. Alors même que la génération de trésorerie devrait dépasser les 220 millions d’euros en 2027, pour une capitalisation inférieure à 2 milliards d’euros.
C'est précisément ce décalage entre perception et réalité qui constitue l'opportunité. La transformation est en cours, les preuves s'accumulent, et l'histoire commence à peine à être comprise.
Chez Erasmus AM, nous sommes actionnaires de Basic-Fit et nous suivons l'évolution de la thèse avec conviction.
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