Le pulse de la semaine

Le bureau de recherche d'Euroland Corporate
21 novembre 2025

Le Pulse en un battement... 💢

📜 Taux US : la Fed en désaccord total

La dernière réunion révèle un vrai schisme : certains voulaient –50 bps, d’autres rien. Après deux baisses, la troisième en décembre est très incertaine. Le shutdown prive la Fed de stats, la dette freine toute détente.

🍴 Valeur de la semaine - Elior

+14,5 % après un FCF record (147 M€) et un dividende annoncé. CA un peu juste, mais désendettement et marges en amélioration : le titre respire enfin.

🏭 Small caps industrielles - trio gagnant

Guillin rebondit malgré des marges en recul. Figeac Aéro continue sa fusée (+100 % YTD). Grolleau accélère (+27,5 % au T3).
Des trajectoires différentes mais un secteur qui retrouve du tonus.

💥Jensen Huang rassure les marchés

CA T3 : 57 Md$, Data Center en feu, T4 attendu à 65 Md$. GPU sold out, IA insatiable. Pendant que Burry shorte, Jensen Huang empile les contrats.

📷 Ronaldo à la Maison-Blanche

Selfies, dorures et diplomatie footballistique : CR7 a volé la vedette au dîner d’État de Mohammed ben Salmane en compagnie. Trump joue les fans, Riyad soigne son image, et Ronaldo renforce son statut d’ambassadeur officieux du soft power saoudien.

L'édito de Marc Fiorentino 📜

Les taux d'intérêt américains

Les taux d'intérêt américains guident les marchés internationaux, l'économie américaine et l'économie mondiale.
Tous les traders et les investisseurs les suivent de très près.
Les taux longs sont fixés par l'offre et la demande d'emprunt, par le marché.
Les taux courts sont fixés par la Banque centrale américaine.
Et la Banque centrale américaine est divisée sur les perspectives de taux.

Les taux d'intérêt et la liquidité sont des drivers puissants des marchés financiers et de l'économie.
Plus les taux sont bas et plus les liquidités sont abondantes, plus l'économie tourne vite et les marchés montent.
C'est mécanique.
La seule limite à l'exercice est évidemment l'inflation qui freine la baisse des taux.
C'est ce que nous avons vécu depuis 2022 avec la remontée fulgurante de l'inflation et des taux d'intérêt.

Mais l'inflation a rebaissé.
Rapidement en Europe.
Moins rapidement aux États-Unis.
Et les banques centrales ont dû rebaisser leurs taux d'intérêt courts.
Trop tard, pas assez vite et pas assez en zone euro.
Moins vite aux États-Unis du fait de la résilience de la croissance et de l'inflation.

Hier la Banque centrale américaine a publié le compte-rendu de sa dernière réunion.
Et il a été épluché avec minutie.
Et il montre une situation intéressante qui en dit long sur la difficulté de faire des prévisions dans le climat d'incertitude actuel.
Les membres du conseil de la Fed ne sont pas du tout d'accord.

La dernière décision de baisser les taux de 0,25 % à la réunion d'octobre a divisé.
Certains étaient d'accord, d'autres voulaient une baisse de 0,50 % et les derniers aucune baisse. Les partisans du 0,50 % mettaient en avant le ralentissement de l'économie américaine, les partisans du statu quo sa résilience et la résistance de l'inflation.

Après les deux baisses de taux cette année, que nous avions anticipées, y en aura-t-il une troisième en décembre ? Pas certain.
En plus de l'incertitude sur l'économie et les marchés, la Fed n'a plus de boussole depuis deux mois : du fait du shutdown, les statistiques n'ont pas été publiées.
Le marché ne parie plus qu'à 30 % sur une nouvelle baisse de 0,25 %.
Le déficit public et la dette américaine freinent aussi la baisse des taux, comme en France...


Verdict donc en décembre.

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Valeur de la semaine - Elior 🍴

Elior, spécialiste de la restauration collective qui nourrit chaque jour écoles, hôpitaux et entreprises, a vu son action bondir de +14,5% après la publication de ses résultats 2025. Le chiffre d’affaires atteint 6,15 Md€ (+1,3% organique, sous le consensus), avec une marge EBITA ajustée de 3,3% (un peu en deçà des attentes mais en amélioration). 

On aurait pu être déçu, mais la vraie surprise vient du free cash flow à 147 M€, largement supérieur aux prévisions, permettant de réduire la dette nette et d’annoncer un dividende de 4 centimes par action. Pour 2026, Elior vise une croissance organique de 3-4%. 

Tout de même un point à surveiller : le marché reste attentif à son taux de rétention des contrats (90,6%), inférieur à Sodexo (~94%) et Compass (~96%), mais malgré cette fragilité, la trajectoire de marge et de désendettement séduit… et le titre remonte.

Trois segments, trois élans : les smallcaps industrielles en action !

Le secteur industriel français s’offre une belle dynamique cette semaine, mais chaque acteur avance pour des raisons bien distinctes et affiche depuis le début de l’année un parcours boursier singulier… Cap sur trois profils hauts en couleur : Guillin, Grolleau et Figeac Aéro.

🍽️ Guillin, leader européen de l’emballage alimentaire, a publié fin octobre un CA semestriel en légère hausse (+2,4% à 440 M€) mais avec des marges en net recul (opérationnel -24%, net -31%). Dette nette contenue à 43 M€, gearing stable. Verdict : le titre a plongé après ces annonces, illustrant la nervosité du marché face aux marges fragiles… avant de se reprendre des couleurs ces derniers jours dans le cadre d’une rotation défensive vers les valeurs industrielles solides.

✈️ Boosté par la reprise du trafic aérien et la demande soutenue en appareils civils, Figeac Aéro a publié début novembre un chiffre d’affaires semestriel en forte hausse. Les divisions Aérostructures & Aéromoteurs ont tiré la croissance, portées par les programmes Airbus et les moteurs LEAP, avec 105 M€ (+8,2% en organique). Le titre a grimpé cette semaine dans la lignée de ces résultats confirmant la tendance depuis le début de l’année : l’action affiche un parcours boursier spectaculaire avec plus de +100% de hausse.

 Grolleau, spécialiste des armoires urbaines et bornes de recharge, a redressé la barre après un S1 en retrait (-15,3% à 19,1 M€). Au T3 2025, le CA bondit à 10,6 M€, soit +27,5% en publié, confirmant une nette accélération par rapport au premier semestre. Et la dynamique devrait se poursuivre au T4, avec une nouvelle séquence de croissance bien orientée.

🤖Jensen Huang rassure les marchés

Nvidia signe un trimestre hors norme sans céder aux doutes. Le chiffre d’affaires atteint 57 milliards de dollars sur le troisième trimestre, en hausse de 62 % sur un an, porté par un Data Center qui pèse désormais 51 milliards à lui seul. Les GPU pour le cloud sont « sold out », selon Jensen Huang, et les ventes Blackwell sont « off the charts ». De quoi propulser le groupe dans une stratosphère où la demande dépasse systématiquement la production.

La direction vise également un quatrième trimestre à environ 65 milliards de dollars, confirmant une accélération plutôt qu’un ralentissement. Pas de refroidissement dans l’air : Nvidia privilégie la continuité, l’hyper-croissance et un marché de l’IA qui consomme toujours plus de puissance de calcul à chaque cycle. Le groupe laisse même entendre que les revenus cumulés de 2025-2026 pourraient dépasser les 500 milliards de dollars.

Pendant ce temps, les sceptiques redoublent de prudence. Michael Burry parie sur la baisse, Peter Thiel allège plus de 100 millions de dollars de titres, redoutant une bulle entretenue par des start-ups non rentables. Jensen Huang, lui, préfère empiler les contrats plus de 1 500 milliards annoncés en deux mois selon les analystes et s’en tenir à sa trajectoire.

@investopedia

📷 Ronaldo à la Maison-Blanche

Cristiano Ronaldo était à la Maison-Blanche pour le dîner d’État en l’honneur de Mohammed ben Salmane et clairement, l’événement n’est pas passé inaperçu. Trump a joué la carte fanboy (« mon fils est gros fan de Ronaldo »), tandis que CR7, lui, consolidait sa place dans la machine d’influence saoudienne.

Les photos officielles légendées « Two GOATS » ( même si le seul vrai, c’est Messi ) ont parfaitement fait le job : deux figures XXL, un storytelling millimétré et le grand retour de Ronaldo aux États-Unis après plus de dix ans. 

En coulisses, ça grince : accusations de sports-washing pour les uns, opportunité géopolitique pour les autres. Mais au final, chacun y trouve son compte : Trump capitalise sur le symbole, Ronaldo sur son rayonnement global.

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