Le pulse de la semaine

Le bureau de recherche d'Euroland Corporate
16 janvier 2026

Le Pulse en un battement... 💢

📜 Retraites - L’équation impossible en Europe

Vieillissement, chute des naissances, dépenses en explosion : jusqu’à 47 % des dépenses sociales de l’UE vont aux retraites. Tout le monde connaît la solution (travailler plus longtemps), mais personne n’en veut politiquement.

📉 Vusion sous le feu

-30 % depuis le 1er janvier. Prises de bénéfices, dégradation de broker et ventes à découvert pèsent sur le titre. La guidance long terme est maintenue, mais le marché doute de la croissance hors Walmart.

🛡️ Défense - L’âge d’or continue

Budgets militaires en hausse, valeurs en orbite. Rheinmetall explose, Exail accélère, Exosens combine croissance et marges élevées. Le réarmement européen devient un thème structurel.

🤖 Apple envoie Siri en stage intensif chez Google 

Gemini arrive dans l’iPhone. Alphabet dépasse les 4 000 Md$ de valorisation et passe devant Apple. Un aveu de retard pour Cupertino, un coup stratégique pour Google.

📷 Iran : la liberté ou la mort
La contestation ne faiblit pas malgré une répression massive. Le régime vacille, la région retient son souffle.

L'édito de Marc Fiorentino 📜

L’Europe et les retraites


Les chiffres se suivent et se ressemblent. Baisse, voire effondrement, du taux de féconditéBaisse des naissances. Population de plus en plus âgée. Augmentation de l'espérance de vie à la retraite. Avec des conséquences structurelles majeures. Et une question que pose notamment le Financial Times : « L'Europe a-t-elle les moyens de son système de retraites ». Spoiler : la réponse est non.

La tendance est lourde, très lourde. Elle s'accélère. Chute des naissances et du taux de fécondité. Et une proportion de plus en plus importante de la population à la retraite. Et des systèmes de financements de retraites qui plient et commencent à rompre.

Les faits.
47 %. C'est le % dans l'Union Européenne de dépenses sociales qui sont consacrées aux retraites et aux personnes âgées. 47 % ! Et ce chiffre ne fait que progresser. En France, les retraites représentent plus de 13 % du PIB, comme en Grèce. C'est l'Italie qui bat le record avec plus de 15 %. Et en Allemagne, un tiers des recettes fiscales sont consacrées aux retraites. Un gouffre.

Un problème politique, mais pas seulement. La solution, tout le monde la connaît : le report de l'âge de la retraite. Et un certain nombre de pays de l'UE ont déjà décalé l'âge de la retraite à 65 ans, voire 67 ans. Au Danemark on est déjà à 67 ans. Mais ce n'est pas suffisant. Et il va falloir continuer. Le Danemark a prévu de relever l'âge de départ à 70 ans avant 2040. Et indexer l'âge de départ à la retraite sur l'espérance de vie.

Évidemment, les politiques n'ont pas le courage de prendre les mesures nécessaires. Et on peut les blâmer. Mais le paradoxe est que dans de nombreux pays, à commencer par la France, les personnes sondées reconnaissent qu'il y a un problème de financement des retraites et qu'elles sont inquiètes pour l'avenir de leur retraite, mais la grande majorité refuse les réformes des retraites et les décalages de départ à la retraite.

Situation absurde qui a mené, par exemple, à la catastrophique suspension de la réforme des retraites en France. Seule consolation : la France a le taux de pauvreté des retraités le plus bas des grandes économies, 7 % seulement en dessous du seuil de pauvreté calculé par l'OCDE comme 50 % du revenu médian, soit environ 1 200 €. Et ce taux est surévalué, car de nombreux retraités considérés comme « pauvres » ont peu de revenus mais sont souvent propriétaires de leur résidence principale, et cela ne rentre pas en compte dans le calcul du taux de pauvreté.

La solution consiste aussi à inclure une part de capitalisation dans la retraite. Même si la France est le pays de la retraite par répartition, les records de taux d'épargne prouvent que les Français ont opté pour « la retraite par l'épargne ». En attendant d'avoir le courage de prendre les mesures nécessaires, les gouvernements successifs vont continuer à augmenter les cotisations et réduire les retraites. Et attiser la guerre des générations et la rancœur vis-à-vis des retraités, considérés, à tort, comme « privilégiés ».

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Début d'année compliqué pour Vusion

Le leader mondial des solutions digitales pour le commerce physique voit son titre perdre près de -30% depuis le 1er janvier et -27% sur la semaine. Les causes possibles ? Des prises de bénéfices mais aussi, plus fondamentalement, une dégradation de recommandation de la part d’un broker. La première depuis novembre 2021. Ce dernier évoque, entre autres, des craintes autour de la capacité du groupe à générer de la croissance hors méga-contrat Walmart, un ralentissement de la prise de commandes et une visibilité mécaniquement réduite pour les exercices à venir. La pression vendeuse sur l’action s’est accentuée avec l’annonce, en début de semaine, de la vente à découvert du titre par un hedge fund britannique.

Le management du groupe, de son côté, a confirmé avec confiance sa guidance 2027 lors des résultats du T3 fin octobre, à savoir l’atteinte d’un chiffre d’affaires de 2,2 Md€ et d’une marge d’EBITDA de 22%. Et il continue d’afficher un discours très positif sur les perspectives à long terme de la société.

Dézoomons un peu : le titre ne progresse plus « que » de 500% depuis son décollage, fin 2020. Et se traite à présent 7,5x l’EBITDA estimé par le consensus d’analystes pour l’année en cours, un niveau jamais vu depuis… près de 15 ans. Une opportunité en or à saisir ?

Valeur de la défense - Le nouvel âge d'or ?

Les valeurs européennes de la défense poursuivent leur envolée cette semaine, prolongeant un mouvement installé depuis deux ans. Le secteur reste tiré par la hausse continue des budgets militaires. Rheinmetall en est l’illustration la plus spectaculaire : le titre grimpe de +154% en 2025, porté par la guerre en Ukraine et le réarmement massif de l’Allemagne, désormais déterminée à devenir la première armée d’Europe. Entre le retour assumé de la puissance militairdans les rapports de force, les investisseurs semblent se repositionner sur des acteurs capables de fournir des capacités critiques : robotique, systèmes embarqués et optronique.

Exail Technologies s’impose comme l’un des dossiers français les plus emblématiques. Spécialiste de la robotique autonome navale (drones sous‑marins et de surface), le groupe tire 60 % de son activité de la défense. En 2025, la dynamique est exceptionnelle : plus de 600 M€ de revenus au S1 (+35 %) et des prises de commandes en hausse de +279 %. Le titre a connu un rally impressionnant (+370%), porté par les programmes européens de guerre des mines et la montée en puissance de la robotisation navale.

Latécoère profite également du ramp‑up militaire, même si son exposition reste plus duale. Le groupe affiche 374,6 M€ de chiffre d’affaires au S1 2025 (+6,4 %) et un EBITDA récurrent de 22,3 M€, en nette amélioration. La croissance 2025 est soutenue par l’augmentation des cadences sur les programmes militaires (A400M, Falcon spéciaux) et par la forte demande en harnais électriques, un composant critique difficile à substituer. Un profil plus cyclique, mais un redressement opérationnel bien réel.

Enfin, Exosens leader mondial de la vision nocturne militaire, poursuit une trajectoire remarquable : +20,1 % de croissance au S1 2025, pour atteindre 224,5 M€. La demande en tubes intensificateurs d’image explose dans les pays de l’OTAN, poussant le groupe à augmenter ses capacités de production de +40 % d’ici 2027. La marge brute ajustée progresse de +28,7 %, et la marge opérationnelle courante frôle les 30 %. Un rare acteur français combinant souveraineté technologique, croissance à deux chiffres et marges premium.

Siri part en stage intensif chez Google

Apple s'allie officiellement à Google pour intégrer l’IA Gemini au cœur de l'iPhone. L'impact sur les marchés a été immédiat : Alphabet a franchi le cap des 4 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, confirmant sa domination actuelle dans la course à l'IA.

Ce partenariat est un tournant pour Apple, qui accusait un retard face à Samsung et Microsoft. En s'appuyant sur la technologie de son rival et sur une nouvelle direction issue de Google et Microsoft, la firme de Cupertino espère transformer Siri dès ce printemps pour en faire un assistant enfin compétitif.

Alphabet a dépassé la valorisation d'Apple pour la première fois depuis 2019. Si cet accord coûte environ 1 milliard de dollars par an, il est jugé vital pour maintenir l'attractivité de l'iPhone, malgré les alertes d'Elon Musk sur cette concentration massive de pouvoir technologique.

Iran - La liberté ou la mort📷 

En Iran, un peuple entier s’est levé. Un peuple fatigué de la peur, de l’humiliation, du sang versé au nom de Dieu. Depuis de nombreuses semaines, les rues, les prisons et les cimetières racontent la même histoire, celle d’une nation qui refuse de se taire. Femmes sans voile, jeunes sans avenir, pères et mères sans enfants. Selon certaines ONG, la répression aurait déjà fait jusqu’à 14 000 morts. Des vies brisées pour un mot devenu subversif, liberté.

Malgré la censure, les coupures d’Internet et la brutalité des forces du régime, la révolte persiste. Le monde observe alors que les tensions régionales s’intensifient, avec l’évacuation de militaires américains et des spéculations sur une escalade.

Le peuple Iranien ne réclame pas la pitié. Il réclame la liberté.

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