Le pulse de la semaine

Le bureau de recherche d'Euroland Corporate
13 février 2026

Le Pulse en un battement... 💢

📜 Ce que dit l'emploi américain

Après le Covid, les grandes entreprises américaines licencient massivement, avec 1,2 million de suppressions d’emplois prévues en 2025, notamment dans la tech.

📉 Beneteau - Un début d'année difficile

Le groupe affiche une baisse de chiffre d'affaires de -17 % en 2025, mais un redressement est possible grâce à un bond des commandes de +24 %. 

🖥️ Le secteur logiciel secoué

Linedata, Claranova, et Dassault Systèmes traversent des turbulences avec des baisses de chiffres d'affaires, notamment dues à des incidents internes et une concurrence croissante de l’IA. L’IA bouleverse les standards du secteur, notamment pour Dassault.

🚀 Alphabet lève 32 milliards pour l'IA

32 milliards de dollars levés en 48h pour financer l'infrastructure IA, les "hyperscalers" technologiques prévoient 400 milliards de dollars d'emprunts en 2026.

📷 Super Bowl 2026- Records et économie de folie
Le Super Bowl 2026 explose les records d’audience et d’impacts économiques : 124,9 millions de téléspectateurs en moyenne, 137,8 millions au pic. en battant Djokovic à Melbourne. Le tennis masculin a trouvé son nouveau centre de gravité.

L'édito de Marc Fiorentino 📜

Ce que dit l'emploi américain

Les chiffres de l'emploi américain pour janvier ont été publiés. Et ils sont meilleurs que prévu. Même s'ils sont à prendre avec précaution car ils sont souvent largement révisés, ils confirment la résilience de l'économie américaine et donnent des indications sur les grandes tendances de l'emploi.

130 000 créations d'emplois

Un taux de chômage en baisse de 4,4% à 4,3%. Les prévisionnistes attendaient 68 000 créations d'emplois. Trump en a profité pour publier "Great jobs numbers, far greater than expected !" et, bien sûr "We are again the strongest Country in the World".

Des chiffres étonnants

Car toutes les indications concernant les offres d'emplois et les plans de licenciements des entreprises sont négatifs, et certains signaux faibles pointent vers une économie en ralentissement. Mais pour l'instant, si on en croit ces chiffres qui pourraient être révisés, l'économie américaine résiste.

Mais ce qui est intéressant

Et très instructif dans ces chiffres, c'est la répartition des créations d'emplois par secteur. Presque tous les emplois créés en janvier l'ont été dans le secteur de la santé alors que les autres secteurs n'ont pas embauché et certains comme la finance, l'information, le transport ou encore la logistique ont licencié du personnel.

Le monde post-IA

Se profile donc déjà dans les chiffres de l'emploi. Les emplois de proximité. Les soins à la personne. Les soins de santé avec une population vieillissante. Des emplois qui sont souvent des emplois à salaires historiquement bas.

Mais la demande

Dans le secteur de la santé est tellement forte, notamment pour les infirmières, que les salaires offerts sont de plus en plus élevés. Une demande qui est exacerbée par le contrôle de l'immigration. Le Wall Street Journal explique que certaines cliniques proposent des primes d'embauche à 5 chiffres pour attirer des candidats. Les "low cost" jobs qui ne peuvent pas encore être remplacés par la robotique sont donc en voie de revalorisation alors que les jobs à valeur ajoutée disparaissent. Une révolution.

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Beneteau - Le navire tangue 

Beneteau oscille en bourse et abandonne près 6% depuis le début d'année. Sur l’exercice 2025, le groupe a publié un chiffre d'affaires de 848,6 M€, en recul de -17,1% à taux de change constants. L'activité Voile (43% du CA) accuse la correction la plus marquée, -26,6% à TCC soit 362,8 M€, tandis que l'activité Moteur (54% du CA) résiste davantage, en repli de-9,8% à 456,4 M€.

Le second semestre laisse néanmoins entrevoir un frémissement. L’activité Moteur renoue avec une légère croissance (+1%), tandis que l’Europe, malgré un environnement macroéconomique toujours difficile, affiche un redressement progressif (+2%). Le management se veut rassurant et évoque des signaux encourageants observés lors des principaux salons nautiques de début d’année.

Surtout, le niveau des prises de commandes progresse de +24 % sur 2025, offrant une visibilité accrue sur l’exercice 2026, qui pourrait marquer un retour à la croissance. Si cette inflexion se confirme, les valeurs du secteur nautique, chahutées depuis plus de trois ans, pourraient retrouver un profil plus attractif aux yeux des investisseurs.

Software - Zone de turbulences prolongée 🖥️

Ce n’est plus une surprise : en 2026, les valeurs du software évoluent en pleine zone de turbulences. Entre incidents opérationnels, transitions stratégiques et guidances décevantes, le secteur peine à retrouver de la visibilité. Passons en revue les publications de la semaine, des small caps aux géants du secteur, pour mesurer l’ampleur des secousses…

Linedatapublie une année 2025 en net repli, avec un chiffre d’affaires de 169,6 millions d’euros, en baisse de -7,7 %. Le trou d’air s’explique en grande partie par l’incident cyber majeur d’août, qui a gelé les nouveaux projets et mobilisé les équipes sur la remise en service des clients touchés. Cette crise a lourdement pesé sur l’opérationnel : la marge d’Ebitda décroche à -22,1 % (contre -29,6 % en 2024). Une performance qui illustre l’impact durable de l’incident sur l’ensemble de l’exercice.

Claranova publie un premier semestre 2025‑26 en net recul, avec un chiffre d’affaires de 49 millions d’euros, en baisse de -19 % en données réelles et de -9 % à périmètre et taux de change constants. L’entreprise prévoit de recentrer sa stratégie sur le document intelligent et le B2B, avec l’ambition proposer aux entreprises un traitement de PDF plus performant et moins coûteux que son grand concurrent Adobe. Une transition stratégique encore en construction, qui pèse sur le rythme commercial du semestre.

La publication de Dassault Systèmes tombe au plus mauvais moment et ravive le narratif qui inquiète le marché depuis plusieurs mois : « l’IA va manger le software ». Le groupe, spécialiste des logiciels de modélisation 3D et partenaire de Nvidia (un duo naturel dès qu’on parle 3D et puissance graphique), déçoit clairement sur les chiffres. La croissance ressort à seulement +1 % à changes constants, tout en bas de la fourchette annoncée par le groupe (+1 % à +8 %). La guidance n’a pas rassuré non plus : 3‑5 % de croissance organique attendue, quand le marché visait plutôt +6 %. Une combinaison qui nourrit les doutes sur la capacité du groupe à accélérer dans un environnement où l’IA capte l’essentiel de l’attention… et des budgets.

Alphabet - 32 milliards de dollars levés pour l'IA🚀

Alphabet a frappé fort cette semaine, levant 32 milliards de dollars en seulement 48 heures grâce à une émission obligataire multidevises. Ce record historique a attiré une demande phénoménale : plus de 100 milliards de dollars en ordres pour la seule émission en dollars.

Le groupe a même osé une obligation à 100 ans en livres sterling, un pari long terme inédit pour un géant de la tech, qui rappelle celui de Motorola en 1997.

Avec un budget d'investissement de 185 milliards de dollars en 2026, Alphabet utilise la dette pour financer son infrastructure IA, en particulier ses serveurs et data centers, tout en préservant sa trésorerie.

Alphabet n’est pas seul, Oracle a levé 25 milliards de dollars la semaine dernière, et les "hyperscalers" technologiques devraient emprunter près de 400 milliards de dollars en 2026, inaugurant une nouvelle classe d'actifs, la "Dette IA".

©Showmetech

Super Bowl 2026 - Records et démesure 📷

@STEPHEN LAM/SAN FRANCISCO

Le Super Bowl 2026 a frôlé l'exploit avec 124,9 millions de téléspectateurs en moyenne, et un pic historique de 137,8 millions pendant la seconde mi-temps. Les Seahawks ont triomphé des Patriots (29-13), et Bad Bunny a enflammé la mi-temps avec 128,2 millions de fans, un record pour un artiste solo.

Côté publicité, les prix s'envolent, un spot de 30 secondes atteint désormais 10 millions de dollars, tandis que le marché des paris sportifs a explosé avec 1,76 milliard de dollars misés.

Enfin, l'impact économique est colossal, 26,2 millions d'Américains ont raté le travail le lundi suivant, et 1,48 milliard de "chicken wings" ont été dégustées. Le Super Bowl 2026, un véritable tourbillon économique.

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