Le pulse de la semaine

Le bureau de recherche d'Euroland Corporate
27 février 2026

Le Pulse en un battement... 💢

📜 L'Edito de Marc Fiorentino 
L’Allemagne a longtemps prospéré grâce à la Chine, au prix de transferts technologiques massifs. Aujourd’hui, le rapport de force s’inverse : exportations allemandes en baisse, déficit en hausse. Pékin n’a plus besoin de Berlin.

🛠️ Mauna Kea - Une promenade de santé 
+120% depuis janvier. Nouvelles autorisations en Europe, premières commandes du Gen3. Le marché salue le potentiel, mais attend désormais des ventes concrètes.

💻 ESN - Un secteur sous pression
Atos et Alan Allman décrochent nettement, Aubay et Neurones reculent aussi. L’IA rebat les cartes, les cycles de décision s’allongent, les multiples s’ajustent.

🚀 Nvidia - Des chiffres hors norme, mais…
+94% de croissance trimestrielle. Cash-flow colossal. Mais forte dépendance à trois hyperscalers et menace des puces développées en interne. La domination continue, les risques aussi.

🥇 Alysa Liu, renaissance olympique
Après un burn-out à 16 ans, elle décroche l’or à Milan-Cortina. Performance libérée, message fort, millions de vues. Le talent, version maturité.

L'édito de Marc Fiorentino 📜

Le corbeau et le renard

Dans le rôle du corbeau, l'Allemagne.
Dans le rôle du renard, la Chine.
L'Allemagne est tombée dans le piège de la Chine depuis plus de 20 ans.
Et son fromage, l'industrie à valeur ajoutée, est devenu chinois.
Merz est en visite en Chine pour tenter de récupérer une part du fromage.
Mais la Chine ne lui laissera que les miettes.

Une vision à court terme
La Chine a permis à l'Allemagne de croître pendant 20 ans.
Les exportations allemandes vers la Chine ont alimenté la croissance.
Mais avec un coût exorbitant : le partage de la technologie.
Condition sine qua non pour pénétrer le marché chinois.

Mais la Chine
N'a plus besoin de l'Allemagne.Elle a appris à faire aussi bien et beaucoup moins cher.
Et elle n'a plus besoin de copier, car elle développe aujourd'hui une technologie qui est largement supérieure à celle de l'Allemagne.
En partie grâce à l'Allemagne.

Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois
La Chine l'a répété.
Et l'Allemagne en était convaincue.
Mais l'Allemagne a ouvert un large bec...
Et a laissé tomber sa proie.
Elle jure maintenant qu'on ne l'y prendrait plus.
Un peu tard...

Rappelons
Que Volkswagen faisait 40 % de ses ventes et encore plus de ses profits en Chine (WSJ).
Aujourd'hui, sa part de marché s'est effondrée, provoquant des licenciements massifs et des fermetures d'usines.
Et l'histoire est la même dans le secteur des machines-outils ou encore de la chimie.

Merz
A changé de ton.
Il déclarait récemment que la Chine était "une grande puissance révisionniste qui posait un problème à l'ordre mondial" et qu'il fallait que l'Allemagne réduise sa dépendance vis-à-vis de la Chine.
C'est justement ce qui se passe... contre son gré.
En 2025, le WSJ note que les exportations chinoises vers l'Allemagne ont bondi de 8,8 % alors que les exportations allemandes vers la Chine ont chuté de 9,7 %, provoquant un bond de 33 % du déficit commercial de l'Allemagne vis-à-vis de la Chine.

On devrait relire les fables de La Fontaine plus souvent.

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Mauna Kea Technologies - Une promenade de santé 🛠️

Mauna Kea Technologies s’envole de plus de 120% depuis le début de l’année, portée par une série d’avancées réglementaires et commerciales qui relancent l’intérêt des investisseurs. Le titre bénéficie notamment de l’obtention des autorisations de commercialisation de Cellvizio en Suisse et au Royaume-Uni, ouvrant deux marchés européens jugés stratégiques.

Sur le plan opérationnel, le groupe enregistre un premier succès concret avec la commande du système Cellvizio Gen 3 par l’hôpital universitaire de Berne, validant l’attrait de la nouvelle génération de la plateforme, notamment dans les troubles fonctionnels de la barrière intestinale. Cette traction commerciale s’inscrit dans la nouvelle organisation annoncée début février visant à accélérer la croissance internationale hors États-Unis, pour Cellvizio comme pour CellTolerance.

Le momentum reste toutefois dépendant de la capacité du groupe à transformer ces ouvertures réglementaires en déploiement commercial significatif et en amélioration des revenus récurrents. Après le fort rerating boursier du début d’année, le marché attend désormais des preuves d’exécution.

Mauna Kea joue clairement une phase d’accélération. La suite dépendra du rythme d’adoption clinique, de la montée en puissance du Gen3 et de la matérialisation des ventes dans ces nouveaux territoires.

Le secteur des ESN 🚀

Les ESN font partie des lanternes rouges cette semaine à la Bourse de Paris, à rebours d’indices pourtant bien orientés. Le secteur traverse surtout une phase d’ajustement : la montée en puissance de l’IA redistribue les cartes et entretient une certaine prudence sur le modèle historique des services numériques, tandis que les investisseurs opèrent une rotation vers des thématiques jugées plus tangibles.

La sanction est nette pour Atos SE, qui chute de -15,3% sur la semaine et prolonge une séquence déjà fragile à l’approche de ses résultats annuels du 6 mars. Le dossier reste très surveillé compte tenu de la restructuration financière en cours et des interrogations sur la trajectoire opérationnelle. Même pression sur Alan Allman Associates SA, en repli hebdomadaire de -14,2% et désormais -24,9% depuis le début de l’année, signe d’une défiance élargie sur le conseil IT.

Le mouvement n’épargne pas non plus des acteurs reconnus pour leur solidité comme Aubay (-2,2%) ou Neurones (-2,5%), entraînés par la dynamique sectorielle. En toile de fond, les budgets IT restent globalement résilients, mais les cycles de décision s’allongent et la visibilité se brouille légèrement. À ce stade, le marché ajuste surtout les multiples après plusieurs années de surperformance, davantage qu’il ne remet en cause les fondamentaux du secteur.

Nvidia explose les prévisions, mais les investisseurs sont-ils satisfaits ? 🚀

Nvidia signe une performance impressionnante avec un chiffre d’affaires de 68,13 milliards de dollars pour le dernier trimestre, soit une hausse de 94%. Pour le prochain trimestre, le géant de Jensen Huang prévoit d’atteindre 78 milliards de dollars, porté par une demande phénoménale de puces IA qui redéfinit les revenus du secteur. Ce 14ème trimestre consécutif de surperformance confirme la domination de Nvidia dans l’écosystème technologique.

Cependant, avec un cash-flow attendu à près de 100 milliards de dollars cette année, le groupe se trouve face à un dilemme : récompenser les actionnaires avec des dividendes ou des rachats d’actions massifs, ou réinvestir pour maintenir son avance technologique ? La direction opte clairement pour la deuxième option, privilégiant des investissements massifs dans l'infrastructure IA.

Derrière l’euphorie des chiffres, deux points de vigilance émergent. Premièrement, la dépendance de Nvidia à trois clients "Hyperscalers" (MetaGoogleMicrosoft) qui représentent à eux seuls 36 % de son chiffre d’affaires, une concentration qui pourrait fragiliser l’entreprise en cas de changements de stratégie. Deuxièmement, la menace de l’"In-house" : ces mêmes géants développent leurs propres puces (TPU), ce qui pourrait réduire leur besoin en produits Nvidia, déclenchant une nouvelle guerre technologique.

©Euronews

Alysa Liu remporte l'or olympique📷

© Andrzej Iwanczuk / NurPhoto via Getty Images

 Alysa Liu a signé son grand retour à Milan-Cortina en décrochant l’or olympique, quatre ans après avoir quitté le patinage à cause d’un épuisement professionnel à seulement 16 ans. Avec un score de 226,79 points, elle a surclassé les favorites japonaises Kaori Sakamoto et Ami Nakai.

Loin des routines figées, Alysa a opté pour une performance libérée, patinant sur du Donna Summer avec un message fort : "Le plus important, c’est la connexion humaine". 

Une approche plus créative et épanouissante, loin de la quête de perfection technique, qui lui a permis de se réinventer et de toucher une large audience, avec plus de 10 millions de vues sur TikTok en quelques jours. Cette victoire est la preuve que l’authenticité peut être un levier d’impact massif.

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