Le pulse de la semaine

Le bureau de recherche d'Euroland Corporate
17 avril 2026

Le Pulse en un battement... 💢

📜 L'édito de Marc Fiorentino

Avec des niveaux de dette records et des taux en hausse, les États freinent les aides. Le FMI alerte : dette mondiale à 100% du PIB d’ici 2029. Les marchés imposent désormais la discipline.

🛢️ Riber - La machine invisible de l'IA 

+470 % en un an, porté par sa techno ROSIE liée aux data centers IA. Marché encore émergent (2027-2028), mais positionnement unique sur la photonique.

💻 La semaine IA des Small Caps Tech 

Soitec (+240% YTD) sur la photonique, Kalray (+440%) sur un pari de retournement, Semco confirme avec croissance rentable. L’IA relance toute la chaîne hardware.

🚀 Amazon peut-il vraiment doubler SpaceX ? 

Amazon rachète Globalstar (11,6 Md$) pour bâtir un cloud spatial. Mais SpaceX garde une avance écrasante avec ~10 000 satellites contre ~200. La bataille ne fait que commencer.

🎤 Coachella - Le festival de la démesure

125 000 personnes par jour, merchandising à 5 M$, explosion des prix et de la demande. Plus qu’un festival, une économie de la rareté.

L'édito de Marc Fiorentino 📜

Le poids de la dette

Vous avez remarqué que les gouvernements, y compris le nôtre, ne réagissent pas à la guerre en Iran comme ils ont réagi aux autres crises ?
Ils ne se sont pas précipités pour distribuer de nouvelles aides ou inventer de nouveaux boucliers comme ils le font habituellement.
La raison ?
Le poids de la dette combiné avec une hausse des taux d'intérêt.

C'est une surprise

En particulier en France.
Nous qui avons dégainé à chaque orage ou petite tempête des aides, des plans de relance ou de "résilience", et des boucliers aussi nombreux qu'inefficaces, nous rechignons aujourd'hui à distribuer de l'argent.
Malgré les manifestations et les protestations.
Nous, les champions mondiaux du "quoi qu'il en coûte", avons-nous enfin compris que le quoi qu'il en coûte coûte une fortune et plombe le pays ?
Pas tout à fait.

Ce qui a changé

Avec la crise en Iran, c'est le fait que le niveau des dettes est à des niveaux records, en France bien sûr, mais également dans la plupart des pays développés, et que les taux d'intérêt sont sensiblement remontés.
Les marchés ont envoyé un signal fort aux gouvernements : si vous repartez dans des dépenses inconsidérées, vous serez sanctionnés par des intérêts de plus en plus lourds sur votre dette.

Ceux que les Anglo-Saxons

Appellent maintenant les BIFs, après les PIGS pendant la crise de l'euro, Portugal, Italie, Grèce et Espagne, n'ont pas de marge de manœuvre.
Ces nouveaux pays à problème sont la Grande-Bretagne, l'Italie et la France, les trois pays européens qui ont vu leurs taux le plus progresser avec la guerre en Iran.
Les BIFs donc.
Moins méprisants que les PIGS, mais pas glorieux non plus.

Et le FMI

A enfoncé le clou avec une multitude de déclarations et de chiffres hier.
Et notamment un chiffre : en 2029, le niveau de la dette mondiale atteindra les 100 % du PIB.
Avec deux ans d'avance par rapport aux précédentes projections.
Et ce n'est pas une bonne nouvelle.

Le FMI

Lance donc un avertissement clair aux gouvernements : vous devez vous concentrer sur la gestion de vos finances publiques et réduire de toute urgence votre déficit budgétaire.
Et il milite pour l'arrêt des aides et des plans de relance.
Pour la réduction des dépenses publiques, ce n'est pas pour demain, ni après-demain en France, mais en attendant, les marchés ont réussi à faire un peu peur aux accros du quoi qu'il en coûte.

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Riber - La machine invisible de l'IA 

Riber fabrique des machines que presque personne ne connaît, pour un marché que tout le monde connaît sans le savoir. Fondée en 1964 à Bezons, la PME de 119 personnes est le leader mondial des équipements d'épitaxie par jets moléculaires (MBE). Ce procédé consiste à déposer des matériaux semi-conducteurs couche par couche, à l'échelle de l'atome, dans un environnement d'ultra-haut vide. Les composants ainsi fabriqués se retrouvent dans les radars, les lasers à fibres optiques, les antennes 5G, les détecteurs infrarouges, la vision nocturne. Plus de 800 systèmes Riber sont en opération dans le monde. 

Le titre cotait sous 2,50 € il y a un an. Il s'échange aujourd'hui autour de 13 €, pulvérisant un record vieux de 25 ans. +471% sur douze mois. +82% depuis le 1er janvier.

Le moteur de cette réévaluation se résume en cinq lettres : ROSIE. RIBER Oxide on Silicon Epitaxy est la plateforme de rupture développée depuis 2019 pour adresser le marché de la photonique intégrée sur silicium, les puces qui gèrent la transmission de données optiques dans les datacenters, lesquels explosent avec l'essor de l'IA. 

Deux premiers exemplaires ont été commandés en 2025, dont le premier livré au Novo Nordisk Foundation Quantum Computing Programme au Danemark. Un second est attendu chez un client américain confidentiel dans le quantique. Le marché de la photonique sur silicium doit décoller entre 2027 et 2028, et Riber en est aujourd'hui l'un des rares fournisseurs d'équipements industriels compatibles 300 mm.

Les résultats annuels 2025 publiés le 8 avril confirment la dynamique sans fracas : chiffre d'affaires à 40,3 M€, stable sur un an et conforme aux objectifs, mais résultat opérationnel courant en hausse de 13,5% à 5,1 M€, marge brute à +4,7%. Le carnet de commandes bondit de 24% à 26,9 M€, dont une commande ROSIE et quatre systèmes de production. Sans intégrer la commande japonaise annoncée en janvier. 

Le dossier reste une valeur de conviction sur une technologie qui en est à ses débuts: les volumes ROSIE sont encore embryonnaires, la dépendance aux licences d'exportation est une contrainte réelle, et le marché cible ne décollera qu'en 2027-2028. L'avenir nous dira si l'emballement actuel est justifié. 

La semaine des Small Caps dans les semis 💻

Soitec a encore attiré l’attention cette semaine (+55,4%), porté par un thème qui revient en force sur le marché : la photonique. Derrière ce regain d’intérêt, les investisseurs voient un possible relais de croissance dans les futurs centres de données dédiés à l’IA, où la lumière pourrait être utilisée pour accélérer la circulation des données au plus près des processeurs.

Un sujet sur lequel Soitec est bien placé grâce à son expertise dans le silicium sur isolant. Après avoir été lourdement sanctionné en Bourse, le titre retrouve ainsi des couleurs, même si le groupe reste encore en phase de convalescence sur ses marchés historiques. Depuis le début d’année, le titre explose de plus de 240% !

Kalray a elle aussi prolongé sa hausse cette semaine (+85,6%), dans le sillage du regain d’intérêt pour les valeurs françaises liées aux semi-conducteurs et à l’IA. La dynamique repose toutefois moins sur des fondamentaux déjà bien établis que sur un pari de retournement. Après une trajectoire très dégradée, le groupe a changé de cap en se recentrant sur la valorisation de ses technologies DPU, destinées aux infrastructures de données.

Le partenariat avec OpenChip a clairement renforcé la crédibilité de ce repositionnement. À ce stade, le dossier reste néanmoins très spéculatif : le marché achète surtout une promesse de stabilisation et de redressement durable. Quoi qu’il en soit, le cours entame l’année de la meilleure des façons avec une performance de +440%.

Semco a également participé au mouvement cette semaine (+26,5%), portée par un mix assez rare de momentum sectoriel et de fondamentaux solides. Introduite en Bourse l’an dernier, la société confirme la robustesse de son modèle avec un chiffre d’affaires 2025 de 34,2 M€ (+~30%) et une marge d’Ebit déjà supérieure à 40%, en avance sur ses objectifs.

Positionnée sur les eChucks, des composants critiques du front-end, elle bénéficie directement des grandes tendances (IA5Gdéfense), tout en conservant une bonne visibilité grâce à des cycles de qualification longs. Avec une croissance rentable, une montée en capacité déjà planifiée et un modèle discipliné, Semco apparaît davantage comme une valeur de qualité industrielle que comme un simple pari de marché.

Amazon peut-il vraiment doubler SpaceX ?🚀

La course à l’espace entre Amazon et SpaceX change de rythme. Jeff Bezos ne comble pas encore l’écart… mais il accélère clairement.

Amazon a frappé fort avec le rachat de Globalstar pour 11,57 milliards de dollars. L’enjeu : récupérer des fréquences clés pour connecter directement les smartphones depuis l’espace, ainsi que le partenariat stratégique avec Apple sur les services d’urgence de l’iPhone.

Face à cela, SpaceX conserve une avance massive. Starlink compte déjà près de 10 000 satellites en orbite, quand Amazon n’en aligne qu’environ 200, avec un objectif de 1 600 satellites d’ici juillet 2026 pour respecter les exigences de la FCC.

Mais Bezos joue une autre carte. Là où Musk construit un réseau, Amazon veut bâtir une infrastructure complète : satellites + cloud + distribution. En s’appuyant sur AWS et son écosystème, le groupe vise plus qu’un accès à Internet : un véritable cloud spatial.

©Charles Briggs/ZUMA/SIPA

📷 Coachella - Le festival de la démesure

©Getty Images for Coachella

Coachella 2026 bat son plein à Indio, avec son deuxième week-end en cours jusqu’au 19 avril.

Justin Bieber, tête d’affiche très attendue, a signé son retour au festival devant environ 125 000 personnes par jour à Indio, dans un show qui a dominé les conversations, entre ferveur pop et machine commerciale bien rodée. Son passage a aussi fait exploser les ventes de merchandising, avec 5,04 millions de dollars écoulés sur le premier week-end pour sa marque Skylrk.

Mais Coachella ne se joue plus seulement sur scène. Côté hébergement, la surchauffe est bien réelle : la demande locative a bondi de 22 %, le taux d’occupation a atteint 85 %, et les revenus des hôtes ont grimpé de 38 %, avec une flambée encore plus marquée sur le second week-end. Les pass VIP, eux, démarraient entre 1 199 et 1 399 dollars, sans compter les surcoûts, reventes et services annexes.

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