Le pulse de la semaine

Le bureau de recherche d'Euroland Corporate
17 juillet 2026

Le Pulse en un battement... 💢

📜Le maître du jeu de l'IA

ASML publie 9,3 Md€ de CA au T2, relève ses objectifs 2026 et augmente fortement ses capacités. Peu importe qui gagnera la course aux puces : les fondeurs auront toujours besoin de ses machines.

💨 Ça gaze pour Lhyfe

Messer prend 30 % de quatre sites et signe un contrat d’approvisionnement de dix ans. Une opération qui sécurise les volumes, libère du capital et crédibilise le modèle industriel.

🏢 Immobilier - Promoteurs résistants, bureaux en attente

Nexity s’allie à BPCE, Kaufman & Broad résiste grâce aux bureaux, tandis qu’INEA décrit un marché locatif toujours fragmenté. La reprise reste sélective.

🇪🇺 Bruxelles force la porte de Google

Google devra ouvrir certaines fonctions d’Android aux assistants IA concurrents et partager des données anonymisées de recherche. Bruxelles veut réduire l’avantage accumulé par Gemini.

🎾 Sinner remet la main sur Wimbledon

Après avoir perdu le premier set, l’Italien renverse Zverev en quatre manches. À 24 ans, il décroche son cinquième Grand Chelem et conserve son titre londonien.

L'édito de Marc Fiorentino 📜

Le maître du jeu de l'IA

Sans ASML, la course mondiale à l’intelligence artificielle tournerait au ralenti.

Ce géant néerlandais, encore méconnu du grand public, fabrique les machines capables de graver des milliards de transistors sur les puces les plus puissantes.

Un savoir-faire unique au monde, devenu indispensable à la production en série des semi-conducteurs les plus avancés.

20 ans d’avance

La domination technologique d’ASML n’est pas apparue avec ChatGPT.

ASML travaille depuis plus de vingt ans sur ses technologies de lithographie, capables de graver des circuits microscopiques sur des plaques de silicium pour fabriquer des puces électroniques.

Le premier prototype utilisant ses technologies de haute précision a été livré en 2010, mais il a fallu attendre la fin de la décennie pour atteindre une production industrielle fiable.

En 2012, Intel, Samsung et TSMC ont même financé 1,38 milliard d’euros de recherche, conscients que leurs propres progrès dépendraient de ceux d’ASML.

Forteresse industrielle

La force du Néerlandais ne repose pas sur une seule invention, mais sur un écosystème devenu presque impossible à reproduire.

Plus de 5 000 fournisseurs participent à la fabrication de ses équipements.

Les machines associent optique, lasers, logiciels, mécanique de précision et systèmes de mesure.

Une fois installées chez TSMC, Samsung, Intel ou SK Hynix, elles doivent ensuite être entretenues, réglées et régulièrement améliorées.

Ces services et mises à niveau ont généré près de 2,8 milliards d’euros de revenus au deuxième trimestre.

Le client n’achète donc pas simplement une machine mais entre dans un partenariat technologique qui peut durer plusieurs décennies.

ASML accélère

Les résultats publiés hier illustrent cette position stratégique.

ASML a réalisé 9,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires au deuxième trimestre, en hausse de 21 % sur un an, pour 2,9 milliards de bénéfice net.

Surtout, la direction a relevé ses objectifs et vise désormais entre 43 et 45 milliards d’euros de ventes en 2026, contre une précédente estimation comprise entre 36 et 40 milliards.

Face à une demande extrêmement forte, ASML prévoit d’augmenter de 30 % ses capacités de production en 2027, puis à nouveau de 30 % en 2028.

Le vendeur de pioches

Cette domination technologique a propulsé son action au rang de première capitalisation boursière en Europe, avec une valeur d’environ 600 milliards d’euros.

Le titre s’envole de près de 70 % en 2026 et de plus de 120 % sur un an.

Pour les marchés, ASML représente une manière indirecte de profiter de l’essor de l’IA : peu importe que les puces les plus puissantes soient conçues par Nvidia, Google ou un futur concurrent, les fondeurs qui les produisent devront continuer à acheter les machines d’ASML.

Clairement, dans la ruée vers l’intelligence artificielle, le géant néerlandais vend les pioches indispensables à tous les chercheurs d’or !

Le métronome de l’IA

Cette puissance reste toutefois exposée aux décisions politiques et au cycle des semi-conducteurs.

Par exemple, les restrictions occidentales empêchent ASML de vendre ses machines les plus avancées en Chine, qui devrait encore représenter près de 20 % de ses revenus en 2026.

Le prix de ses équipements dernier cri, entre 350 et 400 millions d’euros, peut également freiner leur adoption.

Enfin, la valorisation boursière de l’action intègre déjà beaucoup d’optimisme.

Le signal de fond reste néanmoins puissant : ASML ne fabrique pas l’intelligence artificielle, mais fixe en grande partie la vitesse à laquelle elle peut encore progresser.

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Ça gaze pour Lhyfe 💨

Cette semaine, Lhyfe s’impose comme la valeur de la semaine grâce à un accord structurant avec Messer, l’un des leaders mondiaux des gaz industriels. Le groupe allemand prendra 30% de quatre sites de production d’hydrogène situés en France et en Allemagne, représentant une capacité totale de 30 MW. En parallèle, Messer s’engage sur un contrat d’approvisionnement de dix ans, avec des volumes minimums dès 2026 puis une montée en puissance progressive.

Pour Lhyfe, l’opération est importante à plusieurs titres. Elle apporte davantage de visibilité sur les revenus futurs, permet de libérer des capitaux pour financer d’autres projets européens et crédibilise surtout le modèle auprès d’un partenaire industriel de référence. Une annonce qui réduit une partie du risque d’exécution et qui a été saluée en Bourse, avec un bond du titre de près de 10% cette semaine.

Immobilier - Promoteurs résistants, bureaux en attente 🏢

Deux promoteurs et une foncière ont animé la cote cette semaine, leurs publications dressent un état des lieux du marché immobilier français sous trois angles complémentaires.

Chez les promoteurs, le problème reste l'écoulement. Nexity, premier acteur intégré du secteur, s'y attaque frontalement en créant avec BPCE une coentreprise dédiée à la distribution de logements neufs, adossée à un réseau bancaire qui finance un crédit immobilier sur quatre en France. Un accès direct à la demande solvable, alors que la sortie du SBF 120 venait de pénaliser le titre via les flux indiciels.

Dans ce contexte de marché du neuf sous pression, Kaufman & Broad tire son épingle du jeu : CA S1 stable à 500,9 M€ quand le marché du neuf se contracte d'environ 23%, avec un délai d'écoulement de 4,8 mois vs 24 mois pour le marché. Le recul du Logement (-9,2%) est compensé par les bureaux, dont le CA bondit à 123,8 M€, porté par la livraison de programmes signés antérieurement.

Ce dernier CA doit être vu comme un rétroviseur, pas un thermomètre du marché immobilier de bureaux. La température réelle, c'est INEA qui la donne : la foncière, exposée à 78% aux bureaux neufs en métropoles régionales, publie un CA S1 de 38,8 M€ (-5,5%), des loyers quasi stables à périmètre constant, et décrit un marché locatif fragmenté, marqué par la rareté des grandes demandes..

Bruxelles force la porte de Google 🇪🇺

ruxelles s’attaque au principal avantage compétitif de Google : sa maîtrise d’Android et des données accumulées par son moteur de recherche. La Commission européenne impose au groupe d’ouvrir 11 fonctionnalités d’Android aux assistants d’intelligence artificielle concurrents d’ici juillet 2027.

Concrètement, un assistant rival de Gemini devra pouvoir être activé à la voix, effectuer des recherches, réserver un service ou exécuter certaines tâches en arrière-plan. L’objectif est d’éviter que Google utilise le contrôle de son système d’exploitation pour privilégier ses propres outils d’IA.

Le deuxième volet touche directement Google Search. Dès janvier 2027, les moteurs et agents conversationnels éligibles pourront accéder à des données anonymisées sur les requêtes, les clics, les affichages et le classement des résultats. Une matière première précieuse pour améliorer leurs propres services.

Google dénonce des risques pour la confidentialité, la cybersécurité et ses secrets commerciaux. Bruxelles promet des garde-fous stricts. Derrière le bras de fer, l’enjeu est simple : permettre aux concurrents de contester Google sans devoir reconstruire vingt ans de données de recherche.

📷 Sinner remet la main sur Wimbledon 

© Corinne Dubreuil / FFT

Jannik Sinner a conservé son titre à Wimbledon, dimanche, en battant Alexander Zverev en quatre sets, 6-7, 7-6, 6-3, 6-4. L’Italien a pourtant perdu une première manche sans concéder son service, avant de renverser une finale longtemps verrouillée.

Le tournant est venu dans le deuxième set. Sinner a remporté le tie-break, puis augmenté la pression au retour. Plus précis du fond du court et plus efficace sur les secondes balles allemandes, il a obtenu le premier break du match dans la troisième manche. Zverev n’est ensuite jamais parvenu à revenir au score.

À 24 ans, le numéro un mondial décroche son cinquième titre du Grand Chelem et son deuxième Wimbledon consécutif. Il devient surtout l’un des rares joueurs de sa génération à confirmer immédiatement un premier sacre londonien.

Après un départ accroché, Sinner a gagné la finale là où elle se jouait : dans les tie-breaks, les jeux de retour et les points sous pression. Zverev a tenu deux sets. L’Italien, lui, a tenu jusqu’au trophée.

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