Offres publiques en 2026 : des primes élevées, des situations contrastées

Julia Bridger, Associée chez Euroland Corporate
20 octobre 2026

Quel regard porter sur le marché français des offres publiques en 2026 ? Les données disponibles dessinent un paysage contrasté : une activité sélective, des cibles souvent de petite taille et des primes parfois importantes. Derrière les moyennes, les opérations révèlent surtout des logiques différentes : renforcer un contrôle, offrir une liquidité aux minoritaires ou organiser une sortie de cote.

Selon EY, 18 offres publiques avaient été déclarées conformes par l’AMF en 2025, contre 36 en 2024. La base Aktior recense à ce stade 19 offres en 2026, datées selon leur premier acte AMF. Ce chiffre provisoire englobe plusieurs procédures et ne constitue donc pas un décompte des seules OPA déposées depuis janvier.

Les petites capitalisations occupent une place importante. Sorgem relève dix attestations d’équité produites au premier semestre dans le cadre d’offres publiques. Dans cet échantillon, les cibles relèvent majoritairement des microcaps, avec une valorisation médiane des capitaux propres au prix de l’offre de 36 millions d’euros. La prime moyenne sur le cours moyen des trois mois précédant l’offre atteint 48 %, contre 41 % en 2025 avec des écarts vont de –59 % à +221 %.

Fnac Darty illustre l’importance du cours de référence. Annoncée le 26 janvier, l’offre d’EP Group à 36 euros par action, dividende attaché, faisait ressortir une prime de 19 % sur le dernier cours avant annonce, mais de 26 % sur la moyenne pondérée des trois mois précédents. Pour une même opération, le pourcentage varie donc sensiblement selon la période retenue. EP Group avait par ailleurs annoncé ne pas envisager de retrait obligatoire : une offre publique ne conduit pas systématiquement à une sortie de Bourse.

Gaumont montre que le prix peut évoluer pendant la procédure. Le projet d’offre publique de retrait porté par Ciné Par, initialement déposé en avril à 90 euros par action, a été relevé à 100 euros en juillet. Ce cas rappelle que l’analyse des conditions financières et les échanges intervenant pendant l’instruction peuvent aboutir à une amélioration du prix proposé. Pour les actionnaires, l’examen d’une offre ne se limite donc pas à constater une prime sur le cours de bourse.

Une prime élevée ne suffit pas à démontrer qu’un prix est généreux. Elle peut aussi refléter un cours initialement déprimé, une faible liquidité ou une mauvaise compréhension des perspectives de l’entreprise. L’appréciation du prix suppose donc de confronter plusieurs approches : flux de trésorerie futurs, comparables boursiers, transactions et perspectives opérationnelles. La prime est un indicateur de lecture, elle ne remplace pas le travail de valorisation.

Le retrait de cote demeure par ailleurs une motivation importante. Selon Sorgem, 60 % des opérations examinées au premier semestre 2026 visaient cet objectif, contre 68 % en 2025. Il s’agit bien d’une intention, dont la réalisation dépend du résultat de l’offre. Pour les minoritaires, l’enjeu dépasse la liquidité immédiate : il porte aussi sur le prix auquel ils renoncent à participer à la création de valeur future.


EuroLand Corporate, premier Listing Sponsor du marché Euronext Growth Paris, accompagne plus de 60 sociétés cotées, dont 39 en qualité de Listing Sponsor, dans leur stratégie de structuration et d’optimisation de leur communication financière.

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