Longtemps perçu comme un marché d’introduction, Euronext Growth est devenu ces dernières années un véritable marché de destination.
Et cette montée en puissance ne repose plus uniquement sur les IPO.
Elle s’explique désormais par un mouvement structurel : le transfert de sociétés déjà cotées sur un marché réglementé vers Euronext Growth.
Le phénomène s’est progressivement accéléré :
→ 3 transferts en 2018 → 5 en 2019 → 13 en 2020 → 14 en 2021 → 6 en 2022 → 3 en 2024 → 9 en 2025
Au-delà de la statistique, ce sont surtout les profils des sociétés concernées qui traduisent un basculement stratégique. Des groupes établis comme CEGEDIM, CLARANOVA ou encore XILAM ANIMATION ont récemment engagé ce mouvement.
Le transfert n’est plus un choix défensif. Il devient un outil d’optimisation.
Un cadre mieux adapté aux PME cotées
Le marché réglementé impose des standards pensés pour des sociétés de grande capitalisation.
Pour une PME cotée, ces exigences peuvent rapidement devenir disproportionnées :
- obligations IFRS
- calendrier financier contraint
- formalisme de gouvernance
- règles strictes sur la rémunération des dirigeants
À l’inverse, Euronext Growth offre :
- la possibilité de ne pas appliquer les normes IFRS
- une publication semestrielle dans un délai de 4 mois (contre 3 mois)
- une revue limitée des comptes semestriels laissée à la discrétion de l’émetteur
- la liberté d’adhérer — ou non — à un code de gouvernance
- l’absence de Say on Pay
Les règles de franchissement de seuil y sont également simplifiées après une période transitoire de trois ans, offrant davantage de souplesse aux dirigeants et actionnaires de référence.
L’enjeu est simple : adapter le cadre réglementaire à la taille réelle de l’entreprise.
Un levier pour financer la croissance
Le transfert vers Euronext Growth facilite également les levées de fonds.
Les sociétés peuvent réaliser des augmentations de capital :
- sans prospectus AMF jusqu’à 8 M€
- et jusqu’à 50% du capital social (contre 20% sur le marché réglementé)
La décote autorisée en placement privé peut atteindre 20%, contre 10% sur un marché réglementé.
Dans un environnement où l’accès au financement est redevenu central, cette flexibilité constitue un avantage déterminant.
Une base investisseurs élargie
Le changement de marché permet aussi d’ouvrir l’actionnariat à de nouveaux profils.
Certaines catégories d’investisseurs — notamment les fonds fiscaux de type FCPI — ne peuvent investir que sur des marchés non réglementés.
Euronext Growth, marché régulé mais non réglementé, devient alors accessible.
De la même manière, les investisseurs particuliers recherchant des dispositifs de défiscalisation peuvent être davantage incités à participer aux opérations de financement.
Des conditions de transfert accessibles
Le transfert reste encadré, avec des critères clairs :
- capitalisation inférieure à 1 milliard d’euros
- flottant d’au moins 2,5 M€
- nomination d’un Listing Sponsor
- approbation par l’Assemblée Générale
Un inconvénient à intégrer
Le principal arbitrage concerne la perte d’éligibilité au SRD.
L’absence de Service de Règlement Différé peut réduire la liquidité en limitant les stratégies à effet de levier.
Un élément à intégrer, mais qui ne suffit plus à contrebalancer les bénéfices structurels du transfert pour de nombreuses small et mid caps.
Une logique économique avant tout
En dessous d’environ 250 M€ de capitalisation, rester sur un marché réglementé revient souvent à supporter des contraintes conçues pour des groupes du CAC 40… sans en retirer les avantages.
Le transfert vers Euronext Growth devient alors :
→ un choix de cohérence → un outil de simplification → un levier de financement
Les décisions récentes de sociétés comme CEGEDIM, CLARANOVA ou XILAM ANIMATION, combinées à l’accélération observée en 2024 et 2025, confirment que ce mouvement est désormais structurel.
Euronext Growth n’est plus seulement un marché d’entrée. C’est devenu un marché d’équilibre pour les PME cotées.
EuroLand Corporate, premier Listing Sponsor du marché Euronext Growth Paris, accompagne plus de 60 sociétés cotées, dont 39 en qualité de Listing Sponsor, dans leur stratégie de structuration et d’optimisation de leur communication financière.